Avec le cœur !

d_balbir
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Un exploit. La qualification de Lyon en quarts de finale de l’Europa League n'était pas forcement attendue lors du tirage au sort des huitièmes. L’OL a pourtant éliminé l’AS Rome au bout de deux rencontres aussi belles que stressantes. Et une fin de match irrespirable mais tellement belle à commenter.

Le compte à rebours a commencé. La délivrance est proche, la fin de match tendue entre Rome et Lyon est irrespirable. C'est dur d'être juste et de trouver les mots quand l'envie de les voir rejoindre Monaco est si intense, mais que le scénario est si inquiétant. Plus les minutes passent, plus la qualification est proche, mais plus la probabilité de voir l'adversaire inscrire le but de la qualification est grande et ce serait irrattrapable… La montre fait alors le jeu du vainqueur et le gardien lyonnais, Anthony Lopes, repousse les dernières tentatives italiennes. Le cœur, toujours lui, s'emballe et on se dit que Rome, c'est fini pour cette fois, que Lyon peut rêver. On se dit que c'était un huitième de finale, une étape de plus, mais que l'objectif est loin.

Un premier exploit 

Sur cet épilogue haletant, je regarde tout. Mes yeux balaient la pelouse pour que rien dans cette situation ne m'échappe, mais je fixe malgré moi un seul objet : le sifflet noir de l'arbitre hongrois, Monsieur Kassai, qui, une fois le son strident retentit, te fait libérer une adrénaline incroyable comme si tu étais l'un des acteurs du match. Que ce soit un huitième de finale ou non, le coeur s'emballe et les mots s'enchaînent comme une délivrance, comme un ballon qui roule dans les buts. Je suis transporté par la performance et je repense aux quarts de 2014 quand Lyon avait frôlé l'exploit de sortir la Juve. À Rome, quand Bruno Genesio me tombe dans les bras et qu'il me dit que dans ces matchs-là, on perd des années de vie, je veux bien le croire. De mon pupitre, de là-haut, je n'avais rien à gagner que Lyon passe le cap, moi, le supporter des Verts. Mais si bien sûr… Un club français qui sort la Roma, ce n'est pas si courant. Avant les matchs, je me rappelle que cette Roma faisait figure de favori. Lyon a tenu ses promesses et son exploit. 

La délivrance et la communion avec les supporters 

Quand Bruno Genesio, exténué, me dit que ces matchs vous vident, je comprends. J'aurais toujours en moi cette image de Joël Muller, alors entraîneur de Lens, qui, un jour d'été à Gerland, a perdu le titre devant un OL rageur. Il était blanc, sombre et livide, le regard perdu. Au fil des secondes, il vieillissait sous mes yeux. La passion vous punit, mais c'est tellement bon quand se termine le décompte d'un temps additionnel trop long et que dans une envolée lyrique, vous pouvez frissonner avec des supporters que vous ne connaissez pas, mais qui donnent leur cœur pour qu'un résultat devienne légendaire. 

Denis Balbir

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