Eyraud, Aulas et Schopenhauer

·Blogueur Yahoo Sport

Petit scarabée contre Maître Po. Jacques-Henri contre Jean-Michel. Eyraud attaque Aulas et derrière ce combat de coqs, Marseille défie Lyon.

Eyraud, Aulas et Schopenhauer
Eyraud, Aulas et Schopenhauer

Soyons rassurés : le foot français s’en relèvera ! Son histoire est traversée par ces guéguerres. Sans remonter à Roger Rocher ou Marcel Leclerc, Claude Bez ne portait pas dans son cœur Bernard Tapie. Ces dernières années, Vincent Labrune ou Pape Diouf ont chauffé Jean-Michel Aulas. Et réciproquement. 

Querelle d’intérêts, bataille d’égos, guerre médiatique, c’est au fond toujours la même histoire. Pas de quoi fouetter un chat. Nathalie Boy de la Tour est chagrine : « A trois semaines de la fin du Championnat, la tension sportive est extrême. J'appelle au calme. » Elle n’est pas habituée. Elle découvre ce monde de mâles dominants. Qu’elle dorme tranquille. Ce n’est rien ! 

Quant à l’image du foot français, il y a belle lurette que tous les acteurs s’en tamponnent le coquillard. Une seule chose compte : qui parlera le plus fort. « Qui pissera le plus loin », dirait trivialement Bébert du Balto qui s’y connait en rodomontades comme en fanfaronneries. Après tout, que ne ferait-on pas pour une double page dans le journal L’Equipe ? Le foot rend fou, c’est bien connu et l’ami Eyraud est tombé dedans ce samedi.

Il me semble que le président de l’OM n’a pas réussi son coup. Sur le fond, on peut discuter. Sur la forme, il a fait des erreurs. 

Il a ciblé Aulas mais il ne s’en est pas tenu aux faits discutés par la commission de discipline. Il a préféré les attaques ad personam comme disent les professeurs de rhétorique.  Dans son opuscule L'Art d'avoir toujours raison, le philosophe allemand Arthur Schopenhauer recense cette technique: « Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. »

Quand Eyraud dit : « Mon objectif professionnel n’est pas d’afficher 8000 tweets sur mon compte. J’ai autre chose à faire que de passer mon temps sur mon téléphone, y compris en vacances à Saint-Barthélemy, à tweeter sur l’Olympique lyonnais », on quitte le fond de l’affaire pour évoquer un autre sujet. De la même façon : « Je n’aime pas quand Jean-Michel devient Don Giovanni Michele », n’apporte pas grand-chose sinon jeter de l’huile sur le feu. 

Je crois que Eyraud devrait lutter aussi contre une propension à donner des leçons. Cette attitude a profondément irriter la commission de discipline ce jeudi. Eyraud vient d’arriver. Aulas est là depuis trente ans. Il y a des codes, des us et coutumes à respecter.  

Eyraud devrait s’inspirer d’Emmanuel Macron qui a dynamité le système en le plastiquant de l’intérieur. Il y a du caméléon chez Macron quand Eyraud préfère la stratégie de l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Dans son livre Un Personnage de roman, Philippe Besson raconte la campagne présidentielle de 2017 et rapporte des paroles du président de la République qui cite Stendhal : « Tous les petits signes peuvent être vitaux ou mortels. Je pense souvent à cette phrase de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir : Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote.” »

Comprenne qui pourra.

 

Pascal

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