Faut-il croire (encore) en Pastore ?

p_praud
Yahoo Foot

Il a raté son match. Il n’est pas le seul. Le problème avec Pastore, c’est que ça se voit plus que chez les autres.

Attention, sujet sensible. Pastore. Javier Pastore. L’icône des bobos du foot. Car il existe des bobos du foot comme il y a des amateurs de musique contemporaine. Ces gens-là ne sont pas des buveurs de bière ou des mangeurs de pizzas. Ils regardent le foot comme les mélomanes partent pour Bayreuth quand revient l’été. Et attention à la fausse note ! Ils ne laissent rien passer.

Pastore est l’idole de cette communauté de fans, j’allais écrire de cette aristocratie des supporters tant ces jeunes gens cultivent leur différence. Ne touchez pas à Pastore. Il vous en cuirait. Ils retrouvent chez lui la désinvolture des enfants doués. Ils aiment la fulgurance d’une inspiration, le toucher de balle, la vision juste. Ils aiment ses dribles, ses passes, ses buts. Celui marqué contre Toulouse est un chef d’œuvre. Si pastorien…

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Hélas ! De la désinvolture à la nonchalance et de la nonchalance à l’apathie, il n’y a parfois qu’un pas. Pastore a raté son match contre Saint-Étienne. Vous me direz qu’il n’est pas le seul, qu’Angel Di Maria n’a pas fait mieux, qu’Edinson Cavani a vendangé et que même Neymar est apparu émoussé, voire méconnaissable. D’accord pour l’argument. Sauf que Di Maria, Cavani et Neymar ont semblé concernés. Pastore était ailleurs, c’est-à-dire nulle part. Comment passe-t-il de la rage à l’indolence, de l’envie à l’inertie, du top au flop en cinq jours ? Voici un mystère mystérieux.  

Que les choses soient claires : Pastore n’est pas n’importe qui dans le monde du foot. Son talent est immense. Même si je taquine les bobos du foot, j’aime le style de Pastore qui préfère le sur-mesure au prêt-à-porter. Mais avouons qu’il monte aussi haut qu’il descend aussi bas. Il y a chez lui un problème de constance qu’on pardonne à un jeune joueur mais qui condamne un footballeur de 28 ans. Pastore est né en 1989. Il n’est plus un espoir. A son âge, Michel Platini ne passait pas à travers comme ça. A son âge, Andrés Iniesta ne manquait pas un match.  

Pastore aborde la dernière séquence de sa carrière. S’il ne gagne pas en régularité, s’il prend les pelouses européennes pour des montagnes russes, s’il joue un match sur deux pour ne pas dire un match sur trois, j’ai peur que sa carrière ne soit qu’une espérance, une attente ou une perspective. Et qu’à 32 ou 33 ans, à l’heure du bilan, il reste dans nos bouches comme un goût d’inachevé.  

J’espère me tromper.

Pastore est un génie. il lui reste à être génial.


Pascal

À lire aussi