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Il faut sauver le soldat Rousselot

Jacques Rousselot force le respect. Le Président de Nancy (depuis 1994) se bat pour que son club demeure en Ligue 1. Il semble seul. Jean Fernandez serait démobilisé. Les joueurs versent des larmes de crocodile ; ils appellent à la révolte. Personne n’est dupe. Les joueurs restent des joueurs, centrés sur eux.  L’avenir de Nancy ne les concerne pas. Dans six mois, dans un an, ils seront ailleurs.

Jacques Rousselot restera. Il paiera les dettes et les supporters supporteront l’addition. Le foot business marche comme ça. Depuis l’arrêt Bosman, le football compte deux victimes : les actionnaires et les fans. Les premiers perdent de l’argent, les deuxièmes leur équipe.

J’ai parlé ce jeudi avec Jacques Rousselot. Il regrette à mots couverts le manque d’engagement de quelques-uns. Jean Fernandez veut s’échapper comme les passagers des ponts supérieurs du Titanic montaient dans les chaloupes. Jean Fernandez, conseillé par Jean-Pierre Bernès, aimerait négocier son départ. Il n’envisage pas la démission. Jean Fernandez s’appuie sur son contrat. Il court jusqu’en 2015. C’est son droit. Son discours est usé, ne convainc plus le vestiaire mais son intérêt primera sur celui de l’ASNL. Qui osera dire le contraire ? Le meilleur entraineur 2010, désigné par ses pairs de l’UNFP, ne renoncera pas. Démissionner serait perdre trente mois de salaire : entre trois et quatre millions d’euros.

Jacques Rousselot est piégé. Soit il licencie son entraineur, règle ses indemnités et alourdit le déficit du club. Soit, il plonge en Ligue 2. La peste ou le choléra.

Alors que faire ? Que faire entre un entraineur qui n’y croit plus et des joueurs qui s’en moquent ? Les mœurs et coutumes des joueurs professionnels révèlent leur légèreté. Je sais comment une équipe se délite. Le ressort casse et les intérêts personnels dictent les comportements. Sauve qui peut ! Des joueurs manquent aux règles élémentaires de l’éthique. Les uns se couchent à l’aube, veille de match, après une nuit de poker. Les autres visitent les bars. Je le sais parce qu’on me l’a rapporté. Je ne parle pas ici de Nancy.

Alors, une nouvelle fois, que faire ? Ecrire la chronique d’une mort annoncée ? Pas sûr. La solution Koh Lanta ? Pourquoi pas ? Tous en stage jusqu’au 15 mai. Pas de sortie, pas de permission sauf après le match. Du lundi au samedi, heures de téléphones limitées, sorties interdites, nourriture contrôlée, eau minérale pour tout le monde et extinction des feux avant minuit. Du lundi au samedi, concentration exigée, travail demandé, discipline réclamée. Du lundi au samedi, c’est 100% football. Je parie sur l’efficacité de la méthode. Je rêve d’un président qui transformerait son club en pensionnat pour jeunes gens, version XIXe siècle. Jacques Rousselot sera-t-il celui-là ? Je ne sais pas. Il faut du courage et peut-être un brin de folie pour prendre une telle mesure. Elle serait transitoire, je m’empêche de le dire avant que le cœur des vierges hurle à la dictature et que les épouses des joueurs me tombent dessus. Et la famille ? Et les enfants ? Y avez-vous pensé ? Non. J’ai pensé à l’ASNL et aux supporters. Et je ne vois pas d’autres solutions.

Pascal

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