La désastreuse communication du RC Lens suite à l’affaire Douchez

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Le Racing Club de Lens s’est exprimé sur l’affaire Douchez. Le syndrome « Ça ne nous regarde pas », semble avoir guidé l’écriture de ce communiqué lamentable. 

S’il fallait un exemple de l’étanchéité de l’univers du football avec la vraie vie, le communiqué du Racing Club de Lens qui suit la garde à vue de Nicolas Douchez montre qu’un club professionnel ne prend pas le mesure d’un fait divers quand il touche un de ses joueurs.

Cinq lignes et pas un mot pour la victime.

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Annonce

Cinq lignes et l’impression que le RCL ne souhaite pas se mêler d’une affaire qui ne le concerne pas.

Cinq lignes qui rappellent le sketch des Inconnus : « Ça ne nous regarde pas. »

Cinq lignes irresponsables en ces temps de combat contre la violence faite aux femmes. 

« Le club ne peut pas s’exprimer sur des faits, nous dit le communiqué, qui, s’ils étaient avérés se seraient déroulés dans un cadre privé totalement étranger au club. »

Qu’est-ce à dire ? Que le club de Lens n’est pas responsable de cet accident ? C’est une évidence. Personne n’accuse le RCL. Mais est-ce une raison pour se taire ? Le gardien de l’équipe première violente une femme au cours d’une nuit alcoolisée et son employeur se lave les mains. Ce n’est pas son problème ? Et l’exemplarité ? Et l’éthique ? Et l’image ? Ça ne compte pas ? Il a violenté une femme, certes, mais en dehors du Stade Bollaert et du camp d’entrainement de la Gaillette. Tout va bien. 

Nicolas Douchez a droit à la même présomption d’innocence qu’un citoyen lambda. Je ne suis pas un procureur. Je ne demande pas sa tête, ni qu’il soit cloué au pilori avant d’entendre sa version et d’écouter sa défense. Il récuse ce samedi, par la voix de son avocate Me Caroline Toby, toute blessure infligée à la jeune femme avec qui il a passé la soirée de mercredi. 

En revanche, il me semble que les faits sont suffisamment graves pour que son club propose qu’il soit suspendu à titre conservatoire dans un souci d’apaisement. Pour ne rien arranger, l’entraineur de Lens, Éric Sikora, a paru agacé en conférence de presse ce vendredi : « Si vous êtes venus parler de ça, je vous laisse et je m'en vais. Moi, je n'ai pas d'infos. Maintenant, c'est terminé. Douchez, je n'en parle plus. »

Maladresse ? Chacun est dans son monde. Le football vit en autarcie. Il regarde la pelouse. Il ferme les yeux quand il s’agirait de les ouvrir sur ce qui se passe dehors.

Ce vendredi 27 octobre, ni le Racing club de Lens, ni son entraîneur Éric Sikora n’ont dit le moindre mot, n’ont exprimé la moindre compassion pour une femme de 28 ans, violentée dans la nuit de mercredi à jeudi. Permettez-moi de le regretter. 


Pascal 

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