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La pression du “pognon”…

L’argent est partout et tout le monde en veut plus. Normal, mais le problème est que, au-delà du mercato dont je ne parlerai pas là, l’atmosphère devient pénible, irrespirable : on ne parle plus que de ça, mais chacun dans son rôle défend ses intérêts.

Prenez Jean-Michel Aulas : il a un équilibre financier à respecter ou à retrouver, et un stade à construire. Que fait-il ? Il allège la masse salariale de son club. Et il est dans le vrai, et ce n’est qu’à
l’échéance de l’été 2015 (une fois son stade terminé) qu’il pourra redonner une nouvelle dimension ambitieuse à son effectif. D’ici-là ce sera « serrage de ceinture », et vive les joueurs venus du centre de formation, qui donc coûtent moins cher en salaire, et qui deviennent des produits « tout bonus » lorsque vous les revendez. Alors oui évidemment cette donne peut changer du jour au lendemain si de nouveaux actionnaires venaient à rentrer dans le capital. Mais honnêtement, je pense que Jean-Michel Aulas fera tout pour éviter cela car même s’il est un président passionné et talentueux, partager le gâteau n’est pas vraiment sa tasse de thé…

Mais revenons à cette pression financière : il n’a donc pas d’autre choix que de faire partir des joueurs. Et surtout ceux qui coûtent trop cher. Mais le paradoxe du foot est que ce ne sont pas toujours ceux qui jouent le mieux ou qui rapportent le plus de points : donc ils sont hautement rémunérés, ont été achetés à prix d’or et vont être bradés. C’est le pire scénario mais dans le contexte actuel c’est toujours mieux que de les conserver et de continuer à leur verser de véritables rentes. Prenez l’exemple d’un Gourcuff : acheté 22 millions d’euros à Bordeaux, il sera bradé moins de 5 millions dans les jours qui viennent. Permettez-moi de glisser au passage qu’au foot (comme partout) il faut être bon acheteur mais aussi bon vendeur, et là Jean-Louis Triaud et Nicolas De Tavernost en sourient encore. Mais Lyon n’a plus le choix : ils peuvent difficilement conserver un garçon qui coûte plus de 400 000 euros par mois et qui n’est plus titulaire.
Garde n’en fait pas un joueur clef, il devient alors un poids pour l’entreprise. Autre cas de figure et il est important de garder à l’esprit que Lyon a besoin de dépenser moins et de gagner plus et vite : vendre des titulaires ! Situation complexe : ce sont eux qui vous font gagner et vous souhaitez les vendre. Oui car eux vont renflouer les caisses tout de suite car leur valeur est forte. Mais le problème est qu’eux se défoncent à l’entraînement et en match, et qu’entre le moment où vous dites « ils sont sur le marché » et le moment où ils sont vendus, se passe un laps de temps. Et que pendant ces longues semaines vos joueurs sont dégoûtés, démotivés et ne peuvent plus se battre pour un club qui veut s’en séparer. Il est humain alors que les Gomis ou autre Lisandro se disent qu’ils ne sont que de la marchandise… Voilà où en est Lyon aujourd’hui et le président n’a pas le choix. Mais dans ces moments-là chacun pense « à sa pomme »… d’où l’atmosphère étrange qui règne autour de l’OL ces derniers temps et qui a fait dire aujourd’hui à Bernard Lacombe : « il faut supprimer CETTE MERDE DE MERCATO D’HIVER »… Et imaginez encore ce qui va se passer quand ceux qui ont été placés sur le marché ne trouveront pas preneur : retrouver la motivation prendra encore quelques semaines et l’équilibre du groupe en sera encore affecté, car quelques soient les restants, ce sont des bons gars et ils ont de vrais amis dans le groupe.

Autre bénéficiaire ou victime du système : Nenê ! De passage à Paris depuis 48 heures pour régler les derniers détails de son départ, l’ex-Star du PSG s’explique : il ne comprend toujours pas que lui qui a tant donné à ce club, ait pu être balayé du projet aussi vite. Starlette capricieuse mais footballeur génial, il s’est mis dans une situation qui allait à l’encontre des intérêts des nouveaux actionnaires : il s’embrouille avec Zlatan, il ne supporte pas son statut de joker de luxe, le montre et n’est pas un choix sportif de Leo, puisqu’il était là avant l’arrivée de QSI. Malheureusement dans ce contexte, son départ était inévitable. Il a beau dire aujourd’hui dans L’Equipe qu’il ne comprend pas, la lecture de la situation est pourtant simple. Il se voit donc en position de victime mais assume immédiatement son transfert vers le Qatar : « Je vais gagner beaucoup plus d’argent, mais je dirais que c’est un choix de raison avant tout. Il fallait que je pense à l’avenir, que je mette à l’abri ma famille, mes enfants. Ma vie je ne la gagne vraiment bien que depuis cinq ans… Le truc qui est un peu dur au Qatar c’est que les stades sont vides et que je marche à l’adrénaline… Il faut que je sois vigilant pour ne pas lâcher. » Et là, les bras m’en tombent : autant on a pris une leçon de communication avec Mourinho il y a 48 heures, autant là on entend un Néné qui veut le beurre, l’argent du beurre, voire plus encore… J’ai envie de lui dire : « chut ! Au prix où tu es payé ferme-là et joue ! Que tu partes pour t’en mettre plein les poches à 31 ans OK ! Evidemment que la situation n’est pas parfaite, mais ne commence pas à te plaindre. » Que vont penser ses employeurs en lisant cela ? Que Leonardo avait bien compris qu’il est un top footballeur mais un garçon qui peut vite perturber un collectif.

Alexandre

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