Le Neymar Saint-Germain FC

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Combien d’équipes réduites à dix dans un match de Ligue 1 ont inscrit quatre buts en moins d’une demi-heure ? Question à 1000 euros. Merci Neymar. 

Je pensais à Johan Cruyff ce dimanche en regardant le récital de Neymar. Je me souvenais de ces mots quand Neymar avait débarqué à Barcelone : « C’est une énorme bêtise disait-il, il ne peut y avoir deux capitaines dans le même bateau. » Messi ou Neymar, Barcelone devait choisir. On sait ce qu’il est advenu. Barcelone n’a pas choisi et Neymar est parti.

Personne ne dira que Neymar a échoué en Catalogne. En revanche, ce que j’ai vu contre Toulouse éclaire l’intuition de Cruyff. Neymar est libéré de Messi. Il ne peut exister deux génies dans une même équipe sans que l’un, consciemment ou non, volontairement ou pas, éteigne la lumière de l’autre. C’est ainsi. Lionel Messi avait cinq ans de plus que Neymar. Il était un enfant de la Masia. Il était au sommet en 2013 quand le Brésilien a rejoint le Barça. Il possédait un ascendant sur son jeune équipier à qu’il ne pouvait laisser les clés du vestiaire.

Je me suis étonné du choix de Neymar quand il a signé à Paris. Quitter le meilleur club du monde m’a surpris. Après Guingamp et Toulouse, les choses sont claires. Neymar est en club comme il joue avec la Seleção. Il y a lui et les autres. On ne parle plus de 4-3-3, on ne critique plus l’arbitre, on ne discute plus Emery. Neymar est seul au monde. Seul mais pas égoïste : il ne tire pas les pénaltys. Seul mais pas personnel : il donne des ballons de but. Seul mais pas égocentré : il n’est pas Zlatan. Neymar est un soliste qui impose son tempo à l’orchestre et qui oblige les premiers violons, les cuivres et les percussions à le suivre. Plus question re ronronner ni de se planquer. Je me disais que le niveau de la Liga devait être bien faible quand je découvrais les cinq ou six buts régulièrement passés contre Las Palmas, Malaga ou La Corogne par Barcelone. Le 6-2 contre Toulouse annonce une saison d’enfer.  

Neymar est un miracle. Un don du ciel qui réconcilie les âmes perdues avec le foot. Il est gentil, il est sympa au point que les adversaires qui viennent d’en prendre six lui font des bisous. Il électrise le Parc de telle façon que personne ne quitte son siège quand le match est fini. On ira chercher la voiture plus tard. On prendra le dernier métro. Tant pis pour la foule et les embouteillages. 

Je ne sais pourquoi, au milieu de tous ses dribles, accélérations, frappes qu’il a réalisés pour sa première sortie au Parc, je retiens le corner, passe décisive, qu’il donne à Layvin Kurzawa. Un moment de grâce : vitesse et vista. Le geste d’un virtuose. le compte est bon. Merci Neymar d’enchanter nos dimanches.  

Pascal

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