Les anti-vidéos sont les Amish du foot

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Yahoo Foot

Connaissez-vous les Amish, cette communauté religieuse qui vit en Amérique du Nord ? Le film Witness immortalisa ce monde d’hier avec Harisson Ford dans le rôle-titre. Les Amish vivent aujourd’hui comme on vivait au XIXe siècle. Les anti-vidéos sont les Amish du foot. 

Les anti-vidéos mènent une croisade perdue comme jadis le syndicat des maréchaux-ferrants tenta de stopper l’essor de l’automobile. Les anti-vidéos sont de tous les temps, de tous les siècles. Ils représentent un parti vieux comme le monde : le cétaitmieuxavantisme. Ils regrettent un âge d’or qui n’existe que dans leurs chimères d’enfance. Bientôt, ils réclameront un doudou et qui sait, une comptine, pour s’endormir. Allo maman bobo est le refrain préféré des photographes sépias. Ils aiment les R16, Luis Mariano et le café moulu. Ils pensent que ça va mal depuis le dernier des Valois. Ils me font penser aux Amish qui forment une communauté religieuse, dont les membres vivent en marge de la société actuelle, sans smartphones bien sûr mais aussi sans électricité ou voitures.

Que disent aujourd’hui les anti-vidéos ? Hier, ils pronostiquaient la fin du foot, l’apocalypse avant l’hiver, l’arrivée du Dies Irae. Le temps des matches doublerait. La vidéo ne résoudrait aucun problème. Les spectateurs désertaient les stades et blablabla et blablabla. 

Une étude sur 1800 matches montre que le temps moyen d’interruption du jeu est de 35 secondes quand l’assistant vidéo entre en scène et de 65 secondes quand l’arbitre réclame son aide. Nous parlerons ici de micro-coupures du temps de jeu. Quand un penalty est sifflé, la partie est stoppée durant une minute trente.

Battus sur ce terrain, les anti-vidéos ont trouvé un nouveau cheval de bataille. Le spectateur des tribunes est largué. Il ne comprend pas la scène qui se joue devant lui. L’homme des gradins est frustré. Mon Dieu, quel mépris ! Quand l’arbitre appelle la vidéo, un enfant de cinq ans comprend que l’action est litigieuse. Le match est interrompu quelques secondes. Et alors ? Samedi, la vidéo a sauvé le trio arbitral d’une erreur de jugement quand Clément Turpin a accordé un penalty pour une faute sur Kylian Mbappé. 

Plutôt que pleurer un monde ancien, les thuriféraires de cartes postales devraient méditer cette leçon : avec la vidéo, l’injustice tend à disparaître.    


Pascal

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