L'heure des starlettes

d_balbir
Yahoo Foot

Chaque compétition de jeunes permet de découvrir des stars en devenir. Parfois innocents et naïfs, ces footballeurs se révèlent aux yeux du monde entier par leurs dribbles, leurs audaces et leurs techniques individuelles. La CAN U17 ne fait pas exception à la règle avec la découverte d’un futur grand joueur Ghanéen, Eric Ayiah.

La Coupe d'Afrique des Nations des U17 se dispute au Gabon et les demis-finales sont déjà connues pour mercredi. Le Ghana, grand favori après des matchs de poule aboutis, avec deux victoires en marquant 5 buts et un nul, affrontera le Niger et le même jour, le Mali, tenant du titre jouera face à la Guinée.

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Des qualités offensives au-dessus de la moyenne

Chaque équipe a son lot de “starlettes”, mais il y en a forcément qui crèvent l'écran plus que d'autres car on les imagine grandir avec nous et nous émerveiller toujours plus. On aurait pu s'arrêter sur le formidable capitaine du Mali, Mohamed Camara, dont la clairvoyance fait merveille, mais le joueur le plus complet est bien le capitaine du Ghana, Eric Ayiah. Après avoir inscrit un triplé face au Cameroun, il met un doublé face au Gabon. Sa facilité et ses déplacements sont tout bonnement incroyables. À cet âge là, marquer 5 buts en deux matchs d'un grand tournoi de la catégorie attire forcément les regards.

Le travail d’Ayiah commence à payer

Le Ghana a une habitude restée attachante et qui démontre d'un groupe soudé et d'un pays étonnant. Les joueurs, qu'ils aient 15,17, 20 ans ou plus ne descendent pas du bus avec casque sur les oreilles, mais le capitaine, Eric Ayiah donc,est chargé de l'animation du groupe qui gagne les vestiaires dans la danse et les chants. Calme, serein, volontaire, Ayiah explique volontiers que les têtes à tête avec son entraîneur, Samuel Fabin, père spirituel de l'équipe ont été déterminants dans sa progression. L'attaquant du FC Charity a raté une tonne d'occasions plus jeune par précipitation. Les séances de respiration ajoutées à des séances vidéo lui permettent d’être plus calme devant la cage adverse.

Aussi altruiste que buteur 

Ses déhanchements font des ravages et sa conduite de balle déstabilise les grands comme les petits gabarits. S’il manque encore de puissance, ce qui est plutôt rassurant à cet âge-là, il compense par sa dextérité et un sens aigu entre de l'équilibre entre la solution individuelle ou collective. Ce panachage
et ce savant dosage sont des gages de réussite.

Un joueur attaché aux valeurs du Ghana

Sur son dos, le numéro 6, celui que la plupart des jeunes délaissent quand ils ont le choix dans le vestiaire, le 10 ou le 9 étant les plus prisés. Lors de la distribution du sésame, Eric Ayiah prit volontiers ce numéro 6, flocage en général attribué au rôle ingrat de celui qui tacle et qui fait le ménage au milieu du terrain. Ayiah a ses raisons et elles font sourire. Il est né le 6 mars 2000. Il est le sixième enfant de la famille et, très patriote, il a choisi le 6 car l'indépendance du Ghana fut prononcée un 6, le 6 mars 1957.

Cristiano Ronaldo comme exemple

Obsédé par la gagne, il dévore les DVD de son idole, Cristiano Ronaldo, récent champion d'Espagne avec le Real et s'identifie aux qualités essentielles du Portugais, outre son talent, ce très grand professionnalisme. Autre exemple pour Eric Ayiah, Asamoah Gyan, le capitaine des aînés du Ghana, dont l'état d'esprit est remarquable dans la combativité et l'adresse.

Après l’Afrique, le monde ? 

En voyant jouer Ayiah, on se dit bien sûr que le champion va progresser encore et mûrir pour éclore et devenir l'un des plus grands footballeurs du pays, avec toutes les précautions d'usage à prendre. Retenez bien ce nom et dans quelques semaines, Ayiah, après avoir éclaboussé de toute sa classe cette Coupe d'Afrique pourra rêver de crever l'écran aussi au mois d'octobre, en Inde, lors de la Coupe du monde de la catégorie. 

Denis Balbir

À lire aussi