Ligue1 : Bordeaux, tous feux éteints

d_balbir
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Il y a comme cela des équipes qui n'intéressent plus personne mais par sentimentalité, par nostalgie, par amour du football, on ne peut pas, on ne peut plus rester muet devant une végétation si belle qui est devenue désert.

Bordeaux-gillot
Bordeaux-gillot

Pourtant quand il a fallu digérer le titre de Laurent Blanc qu'il a eu lui-même du mal à faire passer à un effectif perturbé, Bordeaux avait choisi la voie de la sagesse ce qui ne voulait pas dire la voie d'un manque d'ambition.

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Bordeaux est allé chercher dans le Doubs, Francis Gillot dont la côte était plutôt bonne même si son discours à Sochaux était souvent de dire qu'il ne pouvait pas faire plus avec les moyens qu'on lui donnait que de tenter l'opération maintien qui finit par fatiguer un staff et des joueurs usés sur ce point mentalement. C'était un pari.

Je me souviens du grand bonheur d'aller à Sochaux discuter avec cet entraîneur dans son bureau avant le coup d'envoi d'un match, car Francis Gillot a toujours eu le mérite de dire les choses, d'être franc et direct. C'est une de ses grandes qualités. C'était l'époque où on pouvait arracher au détour d'une conversation un sourire à l'ancien joueur de Lens, très lié à Huard, Sikora, ou Senac ses anciens partenaires dans le Nord.

Depuis les choses se sont gâtées. Francis Gillot arrive à Bordeaux vers le vestiaire dans ce long tunnel la tête basse, les sourires déjà rares sont inexistants, comme les bons résultats d'un club au passé reluisant, et aux effectifs de rêve.

Dans l'ombre pourtant, comme on peut le voir à Lyon ou Saint-Étienne avec Genesio, Roche, Maurice, ou en vert avec Primard et Oleksiak, Bordeaux tient deux pépites dans son ombre, comme Marius Trésor et Patrick Battiston qui se tapent la tête contre les murs, quand ils observent cette équipe jouer au football sans talent, sans âme, perdue physiquement, absente mentalement et encore, elle a la chance d'avoir dans ses rangs un capitaine exemplaire, Cédric Cararsso et des dirigeants intelligents, aptes à réfléchir sur une situation devenue invivable tant l'irrégularité est devenue petit à petit, la marque de fabrique de cette équipe, en manque évidemment, également, de talent tout court, et d'un recrutement cohérent à part quelques rares exceptions. En cela, si Bordeaux ne veut pas tel un beau feu de cheminée s'éteindre, il faudra réagir vite.

Changer d'entraîneur?

La réponse affirmative est inévitable. Le discours ne passe plus. Les plaintes remplacent les tentatives tactiques et la frilosité générale est pire que les courants d'air un soir d'hiver dans les travées du stade de la Beaujoire de Nantes. Francis Gillot a reçu le soutien de son Président. Jean-Louis Triaud a vite enchainé avec le fait que son entraîneur sous contrat avait une clause pour partir en mai, et sans jouer aux devinettes, on peut penser que Francis Gillot a sans doute pris date pour commander ses cartons.

L'hypothèse de voir arriver Christian Gourcuff arriver en Gironde est loin d'être infondée. Ce dernier ne résignera sans doute pas à Lorient et le club aquitain lui correspond en tous points, et surtout au-delà des clichés de l'analyste qu'est Gourcuff, c'est un amoureux du jeu, du risque et même sans palmarès, on ne peut nier que Gourcuff comme Wenger est un entraîneur, peut être à l'ancienne, mais qui sait sublimer les jeunes, mentalement, physiquement, mais surtout dans le jeu. A ce moment-là, si cela se confirme, il y aura une seule bonne nouvelle. Bordeaux va enfin et tout simplement rejouer au ballon.

Denis

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