Paris ensorcelle le Parc

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Le Parc en ébullition lors du PSG - Barça

Unaï Emery préparait le printemps quand on jugeait son automne. Erreur d’appréciation. Paris est taillé pour la Ligue des champions. Et si c’était la bonne année ?

Que le Paris Saint-Germain soit capable de dynamiter Barcelone comme li l’a fait ce mardi, qu’il tienne une discipline de fer dans ses quarante derniers mètres, qu’il enchaine pressing haut et récupération basse m’a soufflé, sidéré, estomaqué.

Que Presnel Kimpembé soit meilleur que Thiago Silva sur ce match, que Blaise Matuidi et Adrien Rabiot éteignent le milieu de Barcelone m’a plongé dans un état proche de l’Ohio. Rabiot, aboyeur, orienteur, récupérateur. Quel match et quelle santé !

Qu’Angel Di Maria trouve le cadre deux fois, que Thomas Meunier déboule comme un fou furieux sur quatre-vingt mètres et donne un ballon de but à Edinson Cavani qui, comme d’habitude, lance un appel dans la profondeur (son quantième du match ? deux centième ?) m’a projeté dans le monde merveilleux des quarts de finale de LDC. J’ai tourné trois fois de bonheur autour de mon canapé, rappelé dix fois ma chérie qui m’attendait au restaurant afin qu’elle entame le poisson puisqu’elle avait fini les amuse-gueules… Pauvre Valentin !

Paris est grand. Paris est magique. Et tant pis si Barcelone est tragique.

Cette victoire en forme de triomphe a son architecte. Unaï Emery est entré dans la légende du Parc des princes comme on se souvient vingt-cinq ans plus tard de la tête d’Antoine Komboauré contre le Real Madrid. Songez : 4-0 contre Barcelone ! Balayées, oubliées, rejetées les critiques qui ont épinglé les méthodes du Basque jusqu’à le remettre en cause durant l’automne. Paris est taillé pour la C1 plus que pour la L1. Emery a construit une armada pour le printemps. Son expérience de la dernière ligne droite, sa science tactique et sa confiance en les jeunes joueurs ont emporté le morceau. J’étais frappé hier soir par la qualité de la préparation physique de l’équipe parisienne. Ce niveau de performance exige un travail de grand horloger. Emery a pensé le mois de mars quand les observateurs ne jugeaient que septembre. C’était une erreur. Justice lui soit rendue. Emery a réussi son pari, avec ou sans « s ».

Et maintenant ? Tout est possible ! J’ai lu les réserves qui ont minoré le succès du PSG et notamment celles qui pointaient la faiblesse de Barcelone. Personne ne pouvait résister ce mardi à Paris. Le début de match a montré des footballeurs morts de faim opposés à des stars repus. Barcelone a sombré mais Paris était injouable. Et si ce n’était qu’un début ?


Pascal

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