Peur sur le stade

d_balbir
Yahoo Foot

Commentateur du match pour W9, notre consultant Denis Balbir a été un spectateur privilégié des débordements qui ont émaillé la rencontre entre Lyon et le Besiktas. Récit d'une journée cauchemardesque que l'on observe malheureusement de plus en plus souvent dans les stades de football. 

 

Un avant-match déjà très tendu 

Hier, un soleil radieux inondait la place Bellecour de Lyon, les partisans de Besiktas chantant à tue-tête. La boutique de l'OL du centre ville était occupée par des supporters raisonnables et pas encore alcoolisés. Nous sommes partis pour le stade à 18h30 avec quelques embouteillages classiques, mais une tension palpable. L’arrivée au Parc OL se fait dans des bruits sourds consécutifs et une odeur de gaz lacrymogène. Une information circule. Des Turcs venus d'Allemagne sans billets passent à côté de nous furieux, car l'accès aux grandins leur est refusé et foncent vers la boutique du club brisant les vitres de colère. Des heurts. Des poursuites, des odeurs de bataille rangée. Un “classique” par exemple des derbys italiens à Milan ou Rome dans les années folles.

La rivalité turque en question ? 

Les supporters de Besiktas étaient nombreux et bruyants, évalués à 15000. Les informations qui avaient filtrées il y a quelques semaines faisaient état de la présence en dehors des fans de Besiktas de supporters de Galatasaray ou de Fenerbahce pour encourager Lyon et en découdre avec ceux de Besiktas. Le Parc OL est placé à Decines où habite une forte communauté arménienne. Sur la pelouse avant la rencontre, il n'est jamais question de football. Notre regard est constamment dirigé en hauteur et ce n'est pas pour voir le ciel. Le match classé à haut risque, au niveau 4, niveau maximum, va dégénérer. Aujourd'hui, il est très délicat d'établir les responsabilités. 

L'envahissement pour fuir la violence 

Que s'est il passé ? Des bagarres éclatent au dessus du virage Sud. Quelques stadiers essayent d'intervenir. En dessous, les supporters de Lyon prennent peur et en pénétrant sur le terrain, certains, mains en l'air, expliquent qu'ils veulent par cet envahissement irréel fuir les gazs lacrymogènes que s'échangent les supporters. L'échauffement vient de se terminer et les joueurs de Lyon, en voyant le spectacle, accélèrent le retour aux vestiaires. La vision de certaines images revient dans notre esprit.

Aulas au plus près des supporters 

Après l'émotion, la peur et le geste fort du président Aulas venant courageusement sur la pelouse puis vivant la première période au milieu de ses supporters. Les questions se posent. Sans être nombreuses, elles sont capitales au moment où Lyon est en lice pour organiser la finale de l’Europa League en 2018. La distribution des billets de match qui était sous contrôle, la venue au stade d'énergumènes qui rentrent dans l'enceinte du Parc OL avec des fumigènes et autres projectiles. L'UEFA a du pain sur la planche. Lyon et Besiktas pourraient être sanctionnés. Il y a un match retour et les polémiques ne manqueront pas d'éclater au moment où plus que le football, le monde se meurt.

Denis Balbir

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages