Platini : O Captain ! My Captain !

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·Blogueur Yahoo Sport
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Platini
Platini

C’est bien les vacances. Soleil et farniente. Je suis loin de Paris. Que fait-on en vacances ? On bulle (beaucoup). On bouquine (un peu). On réfléchit (vraiment ?) Permettez-moi aussi de revenir sur la sortie de Michel Platini. 

J'ai eu de la peine. Je n'ai pas pleuré parce que, passé cinquante ans, on pleure de moins en moins. J'ai eu de la peine. Je me suis souvenu d'un soir de novembre 81 quand Thierry Roland disait « Oui Michel ! Oui Michel ! » Platini marquait un coup franc contre les Pays-Bas. On connaît la suite. Espagne 82, Séville, Schumacher. Le plus fou des matches fous.

J'ai eu de la peine parce que Platini était mon idole. J'avais 18 ans. Je reste persuadé qu'entre Platini et Zidane, y'a pas photo. Je dis ça parfois entre le cigare et le Jet 27 glace. Je dis ça et les gosses de 98 m'appellent papy. S'ils savaient ! Platini était notre dieu. Je buvais du fruité. J'attendais les buts étrangers dans Stade 2. Il n'y avait qu'un footballeur français en dehors de la Première division. Il jouait à la Juve. « Michele, Michele », disaient les italiens.

J'ai eu de la peine parce que j'ai pensé à tout ça. Faudrait supprimer la mémoire. L'enfance, les parents, la cour de récré, Corinne en CM2, ce n’est pas bon les souvenirs. Ivre du vin perdu dixit ce cher Gabriel.

J'ai eu de la peine parce que l’idole de mon enfance déconne. Il a pris vingt kilos. Il parle dans le poste avec une chemise ouverte au troisième bouton. Il sourit mais ce n'est plus drôle. Il parle de magouilles. Il parle mal. Il parle dans le vide. Il abîme la Coupe du Monde de Jacquet comme s’il n’avait jamais accepté qu’elle devienne française ou pire, comme s’il envoyait un message à peine subliminal : « Vous avez gagné les petits gars, vous avez gagné mais c’est grâce à moi. » C'est Michel-je-me-fous-de-tout. Michel en roue libre.

Sepp Blatter a réagi. Il avoue mal saisir la psychologie des champions. Il n’a pas tort. J’ai aussi entendu une explication freudienne. Il y aurait Platini et Platoche comme Gainsbourg et Gainsbarre. 

La vérité est que passer de la lumière à l’ombre est terrible. Un soir, le téléphone ne sonne plus. Un moment, tout s’arrête. Commence alors le premier jour du reste de la vie. Michel Platini n’est plus au Paradis. Puisse-t-il éviter l’Enfer.

 

Pascal 

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