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Les supporters de Besiktas

Besiktas-Lyon, quart de finale retour de l’Europa League. La qualification des Lyonnais est magnifique. C'était également un match de football engagé, intense et rempli de suspense. L'occasion de partir en Turquie pour assister à toutes ces petites choses qui font que ce sport est unique dans ce pays. 

Istanbul est une ville extraordinaire. Inutile de parcourir les bouquins. Il faut le voir pour le croire. Ces mélanges, ces parfums, ces embouteillages, cette passion du football comparable à aucune autre quand on ne connaît pas ces stades turcs, avec leurs débordements légendaires au point parfois de virer, comme toutes les passions, dans l'excès.

Une rencontre dans toutes les têtes

Le stade de Besiktas est neuf. L'environnement est incroyable et fait partie d'un réel patrimoine, d'une vraie histoire. Proche du Bosphore avant de recevoir Lyon, ils sont déjà des centaines à l'heure du déjeuner à occuper les restaurants de cette rive, maillot sur le dos, écharpes autour du cou et le regard noir quand ils entendent parler Français. Pas d'animosité. Juste de la méfiance et le coup d'œil pour vous faire comprendre que vous êtes et serez seuls plus tard, aux abords du stade, puis dedans. Les écolières sortent des bus par dizaines en criant Besiktas et nous étions à 7 heures du coup d'envoi. Les amoureux traînent d'échoppes en échoppes, bijoux, marrons, journaux, souvenirs et pas un touriste ou presque.

La rivalité turque encore bien présente

Des cars qui déversent des Asiatiques suivant un itinéraire bien précis écrasent tous les pieds sur leur passage pour être les premiers. Peu de chants encore, mais tous les maillots sont là. Les embouteillages classiques augmentent. Un coup de vent plus tard avec une énorme averse et voilà les chars qui débarquent. Des hommes armés à tous les carrefours, les sirènes hurlant plus fort que celle des bateaux qui traversent la rivière. Évidemment, depuis le match aller, pas de supporters lyonnais et dans certains cafés, la confession à voix basse du serveur qui se dit supporter du Fenerbahçe ou du Galatasaray, donc de Lyon.

Une sécurité bien renforcée

Impressionnants, les hommes en arme vous dévisagent avec une fouille au corps devant des herses destinées à prévenir tout véhicule incontrôlable. Plus loin, à 3 heures du coup d'envoi, des policiers en civil, armes à la main pour certains, sont en permanence en liaison avec d'autres grâce à leurs talkie-walkies. Un autre cordon de CRS plus tard, le troisième sur 100 mètres, et on ne voit pas le visage d'hommes déterminés, bouclier à terre, se préparant à tout, même si la décision de l'UEFA a bien calmé, au moment opportun, quelques irréductibles réduits à vous regarder de travers en maugréant dans leur barbe.

Une ambiance hostile pour l’adversaire

Les rues sont pleines, tifos, drapeaux, fumigènes. De la couleur et du parfum puis, dans l'enceinte du stade, des enceintes crachent du son comme elles le feraient sur une immense plage des Baléares pour atteindre le bout du monde. Un bruit étourdissant d'une qualité luxueuse qui rappelle le Juventus Stadium. Une vraie boîte de nuit, noire et blanche, en totale communion avec ses joueurs qui, à leur sortie, se présentent un à un au Kop, face à lui, dans une ambiance de jeux du cirque. Des chants continuels pour les siens, des sifflets pour l'adversaire à chaque prise de balle. Même en y étant préparé, de la pelouse, on peut imaginer l'enfer acoustique que cela représente.

La dignité dans la défaite

Rideau. Défaite. Élimination. De l'allégresse à la détresse, ils refont tous le match, des occasions manquées aux arrêts de gardien en sortant de la Coupe d'Europe sans incidents, la tête haute. Le regard est plus noir que jamais. Mathieu Valbuena encense ses supporters uniques. Pour Lyon, sourire aux lèvres, cette réflexion entendue dans les couloirs me revient à l'esprit : “On peut mettre une ambiance de feu, jamais un supporter n'a marqué de but.”

Denis Balbir 

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