Strasbourg, le GRAND retour

d_balbir
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Certains supporters étaient là trois heures avant le coup d’envoi. La Meineau affichait complet depuis quatre semaines. Plus de 28000 spectateurs étaient réunis dans l’enceinte pour vivre un moment historique : le Racing Club de Strasbourg est de nouveau en Ligue 1. Une récompense méritée pour cette formation historique après une saison passionnante.

Ils sont là. Ils sont de retour. Le Racing Club de Strasbourg remonte en Ligue 1 et ce n'est que du bonheur. Un club, un vrai, un tatoué où des stars ont côtoyé des jeunes espoirs. Dans les années 80, le Racing a écumé 13 entraîneurs différents, faisant souvent la une des journaux pour donc une instabilité chronique qui lui valut ce surnom de “Marseille de l’Est.” Le froid glacial ou la chaleur épouvantable qui s'écrase sur la Meinau ne font pas semblant quand tout ceci s'abat sur vous. 

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Strasbourg, plus qu’un club, un mythe 

C'est là, au bord de la pelouse, que nous croisions tous les week-ends Pierre Ménès, grand amoureux du club et ami de toujours de Marc Keller, son guide, lors des soirées ou des nuits blanches nombreuses, vécues par la presse, toujours ravie de se rendre dans ce grand club de l'Est.
Deux descentes en Ligue 2, le gang des moustachus Champions en 1979 avec une ligne d'attaque incroyable et inconnue avant son titre. Tanter, Gemmrich, Wagner. Pour garantie derrière, notre regretté Dominique Dropsy. Avec eux à leur tête, une sorte d'Elton John du ballon rond, Gilbert Gress, nommé entraîneur du siècle en 2000. Quand vous lui tendiez le micro, il était capable de vous dire à l'antenne, comme Jean-Claude Suaudeau: “Tu n'as rien compris…”
On oubliera jamais les passages de Youri Djorkaeff, Vencel, Gravelaine, Sauzee et surtout Mostovoi, un artiste véritable du ballon rond. Un grand qui comme tant d'autres marquera l'histoire du club.

Un public de passionnés 

Son public est exigeant et fidèle. Des chiffres d'un autre monde pour un club Français. 26022 spectateurs pour une rencontre de National face à Colmar. De saison en saison, Strasbourg aura remonter les marches comme un groupe de touristes au pied de l'Himalaya. Des procès, des relégations, des histoires de fou, comme le recrutement de Chilavert, le gardien paraguayen, arrivé à grand bruit avec un physique de retraité. 

La bienveillance des Strasbourgeois 

En 2011, c’est le drame avec la rétrogradation administrative, la liquidation judiciaire et la perte du statut professionnel.“Stras” s'est toujours relevé comme ces grands boxeurs sonnés sur le ring qui ne veulent pas entendre le gong.
Je me souviens de ces après-matchs où les joueurs sortaient un à un vous saluer, vous invitait au vestiaire les soirs de victoire et parfois vous conviait à dîner. Gîte et couvert un jour, chez Franck Leboeuf au lieu d'être seul à l'hôtel. 

Le travail paye toujours 

Des gestes naturels pour un club qui vivait bien et ce magnétisme qui existait entre une équipe, ses supporters et sa ville dont les zones les plus festives, notamment certaines péniches, étaient fréquentées jusqu'à l'aurore.
Marc Keller est devenu Président. Thierry Laurey est l'entraîneur et poussés
par le vent d'une formation talentueuse et rompue à la dure lutte des matchs de l'étage inférieur, Strasbourg revient par la grande porte. On ne pourra jamais oublier le travail de fond et les croyances de toujours de Jacky Dugueperoux qui traversa les tempêtes, avec une présence sur le banc en 3 périodes différentes de 6 ans et 9 mois.

La Ligue 1 avant de voir plus haut ? 

À défaut de retrouver probablement Nancy sur sa route, Strasbourg attend son voisin messin à 170 kilomètres de pied ferme pour des derbys bouillants mais pas seulement. On souhaite déjà bonne chance aux clubs 5 étoiles comme Monaco, Paris, Nice ou Lyon pour ramener des points de la Meinau… Quand une place forte du football français retrouve des couleurs, c'est forcément une grande joie. Une joie pour ceux qui se souviennent aussi que dans les années 60, le Racing élimina Milan et Barcelone en Coupe d'Europe. Qui sait si Strasbourg ne reviendra pas très vite bousculer toutes les hiérarchies ?

Denis Balbir

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