Thiago Motta, le naufrage symbolique

Thiago Motta est dans le flou

 

Thiago Motta incarne l’archétype du joueur de football que l’on déteste affronter mais que l’on adore avoir dans sa propre équipe. L’Italien agace par ses provocations verbales, ses petits coups en douce et son arrogance assumée. En revanche, son expérience rassure les jeunes avant le coup d’envoi et durant les moments chauds d’une saison ou d’un match. Sa facilité technique permet de recevoir proprement chaque ballon. Son intelligence de jeu est une vraie garantie pour un entraîneur sur un banc de touche. Thiago Motta, on l’adore ou on le hait, mais il ne laisse indifférent aucun passionné de football. 

Face aux Toulousains, l’international italien a montré tous ces visages en peu de temps. Entré à la 70e minute à la place de Blaise Matuidi, il a écopé d’un premier avertissement cinq minutes plus tard. Dans la minute suivante, il aurait dû être expulsé en poussant grossièrement le Toulousain Sylla coupable de retarder le jeu alors que Toulouse mène (1-0) contre le cours du jeu. A la 79e, la situation s’aggrave. En ratant une passe en retrait toute simple, fait rare chez lui, Thiago Motta offre un ballon en profondeur à Durmaz qui trompe Aréola pour offrir deux buts d’avance et la victoire au TFC.

Le naufrage de Thiago Motta lors du dernier quart d’heure est très symbolique de la situation actuelle du PSG. Du temps de Carlo Ancelotti ou de Laurent Blanc, Thiago Motta symbolisait le jeu court, en redoublement de passes, et la maîtrise technique. Tout était dans la possession, la patience et le déséquilibre de l’adversaire qui devenait impuissant au fil des minutes à force de courir après le ballon. 

L’identité de jeu voulue et imposée par Unai Emery ne convient pas à l’expérimenté Thiago Motta qui n’a pas le coffre ni la philosophie pour aller presser l’adversaire. Il joue contre nature et à contre-emploi. Son énervement, ses gestes d’humeur et son regard noir à la sortie du match trahissent son incompréhension. De plus, il n’est pas très malin de laisser un tel joueur sur un banc de touche pendant 75 minutes. Surtout à son âge. Sa rage altère sa lucidité. 

Si Unai Emery veut changer le style de jeu du PSG, et c’est son droit, il doit assumer de se séparer de joueurs cadres, importants dans le vestiaire. Pour le moment, il compose pour pouvoir régner sur un groupe aux fortes personnalités. Evidemment, on pourra rétorquer que Marco Verratti était absent. Mais un club au budget de 560 millions d’euros ne peut dépendre de l’absence d’un seul joueur. Ni surtout s’incliner face à une bande de gamins qui devraient évoluer en Ligue 2 si Pascal Dupraz n’avait pas réalisé un miracle la saison dernière. En concédant une deuxième défaite en sept matchs de championnat, du jamais-vu sous l’ère qatarie, le PSG démontre qu’il se trouve entre deux époques et qu’Emery ne parvient pas encore à choisir son style de jeu et les joueurs pour l’appliquer. Thiago Motta, lui aussi, semble perdu.

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