JEU DECISIF - US OPEN - Rublev a doublé tous ses potes

Parmi les jeunots de l’ATP,  c’est le Russe qui aura donc été le premier à atteindre des quarts de finale en Majeur. Et ce n’est peut-être pas terminé…  

Dans la famille « Next Gen », je demande le premier quart de finaliste en Grand Chelem. Là où l’on attendait Sasha Zverev ou pourquoi pas Denis Shapovalov, a donc déboulé Andrey Rublev, 19 ans. Le Russe a tout bousculé sur son passage depuis le début du tournoi, distribuant parpaings et bourre-pifs à qui mieux mieux. Attention, c’est du brutal. Ecartez les enfants du poste. Grigor Dimitrov et David Goffin, ses deux victimes les plus prestigieuses, sont encore un peu sonnés.

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Rublev, comme son compatriote Karen Kachanov, a les défauts et les qualités de ces joueurs au tennis total. Quand ça rentre, ils sont injouables. Les moins bons jours, ils n’ont pas de plan B. En ce moment, pour Rublev, tout est dedans, donc tout roule. Il est le plus jeune quart de finaliste à l’US Open depuis Andy Roddick en 2001.

Evidemment formé à l’excellente école russe, Rublev, comme pas mal de ses compatriotes a choisi de s’expatrier en Espagne pour se perfectionner. Bouffer de la terre et du lift toute la journée, face à des rats de fond de court, est souvent une expérience payante. D’ailleurs, après avoir remporté Roland-Garros juniors en 2014 (et le titre mondial de la catégorie cette même année), c’est aussi sur l’ocre qu’il a conquis son premier titre ATP cet été à Umag.

La rapide ascension de ce joueur, qui a démarré l’année à la 156e place mondiale, s’explique aussi par ses progrès sur le plan mental. Insupportable quand il était gamin, Rublev a visiblement trouvé le chemin de la rédemption. Bon attention, chez ce type d’énergumène, les rechutes sont prévisibles et c’est d’ailleurs ce qui fait leur charme. Rublev fait partie de ces joueurs qui portent en eux une vraie vie, une énergie, une dramaturgie même, l’âme slave peut-être…

Il faudra au 53e mondial une bonne dose de sang froid pour s’attaquer à son prochain adversaire : Rafael Nadal. L’Espagnol est l’une de ses idoles et il a déjà partagé avec lui quelques sessions d’entrainement à Manacor. Là, le contexte sera bien différent et Rublev n’aura évidemment rien à perdre. S’il arrive à gérer le contexte d’un premier quart de finale en Grand Chelem, sur le plus grand court du monde, face au numéro un mondial, le Russe a tennistiquement les moyens de secouer Nadal. Bon, ça fait pas mal de choses à digérer, me direz-vous. Vrai. Mais avec une bonne dose d’insouciance, et des frappes de mammouth, on peut parfois déboulonner des statues.

Photo - AFP

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