À Naples, le volcan n'est pas le Vésuve mais le San Paolo

Le SSC Napoli n'a pas le palmarès de la Juve en Italie, mais son stade et son public font partie des plus bouillants et des plus captivants du pays.

À moins d'une invraisemblable remontée et d'un gros écroulement de la Juventus, ce n'est pas encore cette année que le Napoli réussira à remonter sur le toit de l'Italie et mettre fin à vingt-sept ans d'attente. Le club phare du sud de la Botte court toujours derrière son passé glorieux et les années Maradona (1984-1991) continuent de susciter beaucoup de nostalgie chez les tifosi. En dépit des deux Coupes d'Italie glanées en 2012 et 2014, les Partenopei ont donc toujours du retard à rattraper par rapport aux autres ténors de la Serie A. Toutefois, s'il y a bien un domaine dans lequel Naples ne souffre guère de comparaison avec ses rivaux du Nord, c'est celui de la passion et de la ferveur qui règnent dans son stade. Sur ce plan-là, le club reste même une référence.

Allegri n'a pas encore pris de décision

Dire que le San Paolo, l'enceinte napolitaine bâtie en 1959, est un stade chaud est un doux euphémisme. L'antre des Partenopei est une sorte de Chaudron italien, où l'engouement, la folie passionnelle et le soutien viscéral des fans sont perceptibles à chaque rencontre. Indépendamment de la situation sportive de l'équipe, ce lieu préserve un charme à part. Un lieu où se marient l'attachement à l'identité locale, l'amour du football et la démesure.  

Une fidélité des supporters qui résiste à tout

Pour comprendre ce qui fait la singularité du San Paolo, il faut déjà bien connaitre le tifoso de Naples et tout ce qui le démarque par rapport aux supporters des autres clubs. Sergio Chesi, rédacteur de Goal Italie, nous éclaire sur le sujet : "Le fan de Naples est passionné, loyal et romantique. Et son côté passionnel ne concerne pas seulement que le foot. Il l'est aussi dans sa vie quotidienne, explique-t-il. De plus, le SSC Napoli est la seule grande équipe de la ville. Il est donc facile pour les gens d'identifier ce club à Naples." Même si c'est le propre de tout supporter qui se respecte, un fan napolitain ne tournera jamais le dos à sa formation". Et ce n'est donc pas un hasard si en 2005/06, le club a battu le record d'affluence en Serie C1 (troisième division) avec une moyenne de 50.000 spectateurs !

Le San Paolo impressionne, et en premier lieu ce qui s'y produisent comme adversaires. Le Franco-Sénégalais Ricardo Faty a eu, par exemple, l'honneur d'y jouer il y a sept ans quand il portait les couleurs de la Roma. Pour lui, l'expérience était unique. "C'était en février 2010 et on avait fait 2-2. On menait 2-0, j'étais rentré à 15 minutes de la fin et ils avaient égalisé dans les arrêts de jeu sur pénalty. L'ambiance était bouillante, c'était devenu un vrai volcan, car ce match c'est le derby du Sud avec une grosse rivalité entre les deux clubs. Le scénario avait fait exploser le volcan à la fin du match". L'actuel joueur de Bursaspor confirme aussi qu'il n'y a pas de corrélation entre le niveau des rencontres et l'engouement qui existe dans les tribunes : "Je savais en arrivant en Italie ce que représentait Naples donc je n'ai pas été surpris. À l'époque (en 2006, ndlr), le club était en Serie B et déjà en deuxième division il y avait une très belle ambiance. Le stade affichait souvent 40.000 supporters."

Le stade mériterait une rénovation

Le fief du Napoli est un endroit envoûtant. Et il aurait peut-être pu l'être encore plus s'il avait connu des rénovations susceptibles de lui donner une image plus moderne. Or, malgré quelques travaux faits en 1990 et en 2001, l'enceinte n'a pas vraiment changé depuis sa création. Faty le regrette : "Quand on entre dans ce stade on a un sentiment étrange. On sent le poids de l'histoire, le stade est toujours bien garni, l'ambiance est folle, mais en même temps, il est très vétuste et pas du tout esthétique. Ça pourrait être encore plus puissant dans un stade plus récent, mieux conçu".

Naples-Juve, Pirlo aurait voulu le jouer

À la question si Naples possède la meilleure ambiance d'Italie, les avis peuvent encore diverger. Faty, par exemple, estime que Rome reste un cran au-dessus : "Le stade Olympique, c'était fou. Je me souviens d'un match contre l'Inter gagné 2-1 en 2010, une folie, tout le stade chantait à l'unisson. Et je mets Naples, juste derrière". Toutefois, ce qui est incontestable, c'est que le San Paolo dégage quelque chose de spécial. Par exemple, le culte qui est voué aux idoles locales est infaillible. Sauf peut-être lorsque celles-ci affrontent la sélection italienne. Diego Maradona pourra en témoigner. Bien qu'élevé au rang de dieu par le peuple napolitain, ce dernier a eu droit à un message particulier lorsqu'il a pénétré dans le San Paolo avec le maillot de l'Argentine pour y défier la Squadra Azzurra en demi-finale du Mondial 1990 : "Maradona, Naples t'aime, mais l'Italie est notre patrie" ! Une phrase qui prouve que même chez le plus passionné des supporters, le cœur peut parfois céder face à la raison.

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