À San Sebastian, la Clasica surprend les touristes mais rassure les locaux

Les touristes français sont agréablement étonnés par l'ambiance qui règne autour du départ de la 41e Clasica San Sebastian. Les Donostiens, eux, sont heureux de retrouver leur course après une dernière édition covidée.

Loris, du haut de ses 13 ans, est tout sourire devant un stand de souvenirs cyclistes. Mais quelque chose coince. « Il était venu pour voir Alaphilippe mais on a appris qu'il n'était pas là », explique son père Lionel. « Pas grave, il y a Gaudu ! » coupe brusquement le jeune homme déjà connaisseur et qui a « passé son été devant le Tour », selon la maman, Flora. « On vient de Getaria, poursuit le père, en excursion d'un jour à San Sebastian avec sa famille. On était au bar et on était intrigué de voir toute l'organisation, d'entendre la musique. On a demandé ce qu'il se passait et nous voilà. C'est très vivant ! ».

Il faut dire que l'organisation de la 41e Clasica San Sebastian dont le départ est donné samedi rue Hermani ne passe pas inaperçue. Enceintes à fond crachant de l'électro et du latino, voitures des équipes alignées devant la ligne de départ, routes coupées... Le tout dans le centre touristique de la ville arpenté par les touristes sous un soleil ardent qui tranche avec les journées pluvieuses que peut connaître Donostia (le nom basque de San Sebastian) en plein été.

Une effervescence dont se réjouit moyennement Atxen, le gérant d'un bar à pintxos, les tapas du Pays basque. Il a beau être fan de cycliste, il le sait, ce jour n'est paradoxalement pas fait pour les affaires. « L'organisation de la course bloque la circulation donc c'est difficile pour les touristes de venir » se désole-t-il. Venir à San Sebastian en ce vendredi peut en effet relever du casse-tête. Les bouchons le long de la côte en plein mois de juillet en sont la cause principale. « Mais dès demain, ce sera mieux parce que tout le monde va venir tôt pour le départ », tempère Atxen qui s'attend à une belle affluence avant et après la course.

Le Tour de France 2023 en ligne de mire

C'est qu'à San Sebastian, les touristes sont de passage, comme Thierry. Ce Strasbourgeois en villégiature d'un jour à San Sebastian, profane du cyclisme, s'est épris pour la classique vallonnée. « Si j'avais su, on serait venu demain pour voir les coureurs ! L'ambiance est vraiment bonne ! ». Elle est aussi du goût d'Onintza, native de la cité côtière. Elle se projette déjà sur le Grand Départ du Tour de France 2023 qui sera donné au Pays basque et dont la deuxième étape arrivera à San Sebastian. Une belle promesse pour la jeune femme.

Onintza, native de San Sebastian

« Vous voyez cette atmosphère ? Ce sera la même chose l'année prochaine et il n'y aura pas de Covid pour tout gâcher ».

La précédente édition de la Klasikoa, remportée par Neilson Powless, avait été marquée par les restrictions liées au Covid.

La communication de la mairie pose question

Une dernière chose marque les esprits sur le boulevard Zumardia, très passant et cerné de boutiques à souvenirs. C'est l'absence d'affiches ou de banderoles pour promouvoir la classique annuelle. Même chose sur le site de la mairie qui se contente de mettre en avant la course sur ses réseaux sociaux. Atxen, le vendeur de pintxos, regrette ce manque de communication : « C'est bizarre. Quand tu vas sur le site de l'office du tourisme, il n'y a rien et pourtant, c'est là que les touristes viennent voir ce qu'il se passe en ville ». Avec toujours le Tour de France dans un coin de la tête. Avec le Grand Départ du Tour en 2023, c'est dommage de ne pas surfer sur l'engouement que la Clasica peut susciter ».

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La mairie se défend en expliquant que la course n'est pas organisée par ses soins mais par l'OCETA (Organisation cycliste d'Euskadi). « Je m'interroge sur la communication entre les deux organes », avance Atxen. Et sur la stratégie de la ville qui, fort de ses quelque deux millions de touristes annuels, pourrait en profiter pour mettre en avant sa course World Tour à l'histoire récente, la première édition remontant à 1981.

Peu importe. Atxen se frotte les mains en pensant aux restes des festivités qui attendent les badauds. À 18h30, déjà, est prévue la présentation des coureurs juste en face de son bar.

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