Émilien Jacquelin, 5e de la mass start de Ruhpolding : « Content de ce que j'ai réussi à faire »

Émilien Jacquelin. (E. Garnier/L'Équipe)

Émilien Jacquelin a décroché une belle 5e place dimanche, lors de la mass start de Ruhpolding, remportée par l'indétrônable Johannes Boe.

Émilien Jacquelin (5e de la mass start de Ruhpolding, 18/20) : « Pari gagné ! Au-delà de résultats, de performance au tir, c'était vraiment une course contre moi-même dernièrement pour retrouver mon plaisir et mon naturel. C'est quelque chose qui m'avait échappé petit à petit. Je pense que j'étais arrivé à un point où j'avais perdu tout ce que j'aimais dans le biathlon, toutes les raisons pour lesquelles j'ai choisi ce sport, tout ce qui me caractérisait finalement. C'était devenu des peurs.

La semaine dernière (64e du sprint de Pokljuka), c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je me suis dit, là, c'est soit je prends du temps, j'essaie de comprendre ce qui se passe et de l'accepter aussi, soit j'arrête parce que ça en devenait insupportable. Non pas de ne pas performer, mais je pense que j'ai récolté ce que je semais, c'est-à-dire du doute, de la peur et pas de plaisir. C'était à moi de me remettre en question parce que j'adore mon sport et j'avais envie de continuer à faire ce que j'aime à ma manière.

Aujourd'hui, je suis content de ce que j'ai réussi à mettre en place. Il y avait de l'appréhension sur les tirs couchés et je m'en sors bien avec un 9/10, avec cette balle de pioche où, à cause d'un peu de stress, j'éjecte une balle. Sur les tirs debout, je fais ce que je sais faire avec un très beau tir à la fin. C'est moi ça, ce sont des caractéristiques à moi et je suis très content de les retrouver. À un moment, je me demandais si je ne les avais pas perdues. Mais je pense qu'il y a des choses qu'on ne perd pas. Juste, des fois, on se bride. »

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Fabien Claude (10e de la mass start, 17/20) : « Je suis dans le coup jusqu'à mi-course. C'est tellement dur sur les skis. J'ai essayé de m'accrocher tant que je pouvais, j'ai sauté des relais (quand il s'est retrouvé devant avec Boe et Christiansen) mais, à un moment donné, c'était presque devant que j'étais le mieux, donc je choisissais mes parties pour dire OK je vais devant, je prends un relais, mais en fait c'était des parties qui ne coûtent rien quand on est devant. Je me suis battu jusqu'au bout.

Bien sûr, il y a ces deux erreurs au premier debout, c'est là qu'il faut que j'arrive à être bon. Des courses comme ça, on n'a pas droit à l'erreur et je vois que les gars, que ce soit Christiansen ou Boe, ils en font une, et avec une ils restent dans la course. Mais avec deux, je perds tout de suite le contact, je me retrouve dix-onzième, alors qu'avec une seule erreur, je serais ressorti dans le groupe de tête. C'est là-dessus qu'il faut que je progresse. J'ai un nouveau statut aussi, c'est un nouveau positionnement pour moi de pouvoir aller jouer tout devant en Coupe du monde. J'ai de belles années à venir, mais il ne faudrait pas que je les laisse filer. »