Équitation - Eiffel Jumping - Longines Eiffel Jumping : une « bulle de bonheur »

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Seul concours en extérieur organisé à Paris, le prestigieux Eiffel Jumping, 6e étape du Global Champions Tour, débute ce vendredi au Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel. Depuis 2014, Virginie Coupérie-Eiffel a tout connu. Le soleil caniculaire, la pluie diluvienne, la concurrence féroce de Londres, une délocalisation en raison d'un Euro de football, une annulation pour cause de Covid et, désormais, l'apparition sur son terrain de jeu habituel d'un Grand-Palais éphémère... Mais elle tient à bout de bras son concours, sa « bulle de bonheur », comme elle l'appelle. « Ici, c'est un lieu où l'on oublie les soucis, les contraintes, cadre la fondatrice de l'événement, championne de France 2005. On voit la Tour Eiffel et on a le sourire. Puis, on découvre la carrière et on sourit encore. On doit avoir un sentiment de facilité, se laisser emporter par les chevaux et la compétition, le pouvoir onirique de ce sport. C'est une façon de lâcher prise dans cette période difficile. Voilà la bulle de bonheur que je veux préserver. » lire aussi L'actu de l'équitation Pourtant, faire vivre l'équitation de haut niveau à Paris intra-muros a tout d'un casse-tête. « C'est compliqué administrativement et financièrement. Cette année, on va sans doute perdre de l'argent (*). On a été contraints de se déplacer. On a perdu des partenaires. On a une jauge à 5 000 personnes. Mais quand je vois la Tour Eiffel en face de nous, bien plantée dans le sol et montant vers le ciel, ça me donne un sentiment de solidité », assure l'arrière-arrière-petite-fille de Gustave Eiffel, le créateur du monument le plus visité au monde. Sans doute, mais cette fois le risque de disparaitre était grand avec l'implantation sur le site du concours du Grand-Palais éphémère. Ce bâtiment provisoire de 10 000 m2 doit accueillir les événements d'art, de mode ou de sport habituellement organisés au Grand Palais, en travaux jusqu'en 2024. (*) Le budget global du concours est de plus de 3 millions d'euros. Virginie Coupérie-Eiffel « J'ai cherché tous les lieux de remplacement possibles à Paris. Mais je voulais la Tour à proximité. C'est notre ADN » « Je le savais, mais j'ai quand même eu peur, confie Virginie Coupérie-Eiffel. J'ai donc cherché tous les lieux de remplacement possibles à Paris. Mais je voulais la Tour à proximité. C'est notre ADN. » Et une condition de survie impérative pour rester au calendrier du Global Champions Tour. En 2016, le patron du GCT, le Néerlandais Jan Tops, avait moyennement apprécié de voir le concours délocalisé sur la plaine de jeux de Bagatelle, le Champ-de-Mars, infiniment plus classe, étant alors préempté par l'Euro de foot et sa fan-zone. « Et puis, j'ai pensé à ce grand bassin du Champ-de Mars (situé place Jacques-Rueff, entre la Tour Eiffel et l'École Militaire), rayonne-t-elle. La mairie a été d'accord. » Sauf qu'il a notamment fallu trouver comment remplir le bassin pour lui donner une surface bien plane, sachant que le concours accueille environ 230 chevaux. « Les experts étaient un peu sceptiques. Ils s'interrogeaient :''Comment faire une piste sur une fontaine ?'' Finalement, on a imaginé de le remplir avec du polystyrène pour qu'il n'y ait pas de vide sous les chevaux et pas d'effet caisse de résonance. Et ça marche ! » Sauf que, là encore, il y a un coût. D'autant que les dotations n'ont pas été baissées afin d'attirer les meilleurs cavaliers. Compliqué, donc. « Oui, mais si le plateau Joffre (ancien site du concours) était grandiose, là c'est plus cosy, plus chaleureux. J'imagine déjà la prochaine édition. Mais ce qui est drôle, c'est que si l'on voulait mettre la Tour Eiffel à plat au sol, elle arriverait pile au milieu de notre piste ! On est à 360 m de la Tour. Donc, quelque part, c'était écrit. » Du coup, cette année encore, les cavaliers sont au rendez-vous. Parmi eux, les Britanniques Ben Maher et Scott Brash (or par équipes aux JO 2012), le Suédois Peder Fredricsson (argent individuel aux JO 2016) ou l'Australienne Edwina Alexander (lauréate du Global Champions Tour 2011 et 2012). Et quelques-uns des Français les plus capés : les champions olympiques en titre par équipes Pénélope Leprevost, Roger-Yves Bost et Philippe Rozier, mais aussi Simon Delestre, Julien Epaillard ou Mathieu Billot qui frappe, en ce moment, à la porte de l'équipe de France olympique pour Tokyo. A noter que samedi à l'issue de l'épreuve-phare du concours, le Grand Prix du Global Champions Tour, l'étalon gris Rahotep de Toscane, médaillé d'or olympique à Rio sous la selle de Philippe Rozier et retraité depuis avril, sera fêté et effectuera un tour d'honneur, dans la « bulle de bonheur ».

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