Équitation - Violences sexuelles - Violences sexuelles : vague d'indignation après la plainte de la FFE contre Amélie Quéguiner

L'Equipe.fr
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La plainte pour diffamation déposée par la Fédération française d'équitation contre la cavalière Amélie Quéginer, victime d'abus sexuels, a provoqué remous et réactions virulentes. La cavalière Amélie Quéguiner, aujourd'hui âgée d'une cinquantaine d'années et dirigeante d'une structure équestre avait dénoncé, début février, des abus sexuels dont elle avait été victime.« J'ai été victime de mon moniteur, qui m'a violée et agressée pendant dix ans » avait-elle raconté. Dans une lettre ouverte, publiée sur sa page Facebook, elle avait interpellé le président de la Fédération française d'équitation, Serge Lecomte, actuellement candidat à sa réélection, et dans l'attente du deuxième tour de scrutin qui doit se tenir fin avril et l'oppose à Anne de Sainte-Marie. Dans un contexte électoral d'entre-deux tours très tendu, Serge Lecomte, au nom de la FFE, a décidé de poursuivre en justice Amélie Quéguiner, appelée à comparaître pour des faits de diffamation qui lui sont reprochés par l'instance fédérale, notamment suite à son témoignage, publié le 6 février 2021 dans « L'Obs », où elle mettait en cause la responsabilité du président actuel de la FFE, dénonçant, entre autres, « une culture du viol indécente et rétrograde » et le comportement « scandaleux et révoltant » du président dans une affaire de pédocriminalité dénoncée par Mediapart, et concernant un de ses ex-employés au poney-club de Suresnes, ce qui avait conduit le président de la FFE à s'expliquer. Retentissement dans le milieu équestre... et au-delà Cette décision d'attaquer une victime de violences sexuelles, qui est une première de la part d'une Fédération sportive, a provoqué de nombreux remous et des réactions virulentes dans le milieu équestre. Mais l'affaire a largement débordé du cadre de l'équitation, après la publication d'une tribune, publiée dans « L'Obs » et portée par des personnalités comme Sarah Abitbol, Andréa Bescond, Claudine Emonet, Muriel Salmona, Sandrine Rousseau, Caroline de Haas... « Nous demandons à la Fédération française d'équitation de retirer sa plainte », plaident les signataires de cette tribune, où se côtoient sportives, victimes de violences sexuelles, membres d'associations de défense des droits des enfants... lire aussi L'actu de l'équitation L'Association « Colosse aux pieds d'argile » créée par le rugbyman Sébastien Boueilh pour lutter contre le harcèlement et les violences sexuelles dans le sport, et qui avait noué, en mars dernier, un partenariat avec la FFE dans son plan d'action contre les violences sexuelles, a annoncé également se désolidariser de la Fédération. « Au vu des dernières actualités, nous sommes aujourd'hui amenés à nous exprimer sur l'affaire concernant Amélie Quéguiner et la Fédération, explique le communiqué de l'association. En effet, Amélie Quéguiner, victime présumée de faits de pédocriminalité, a reçu à la fin du mois de mars une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Périgueux venant de Serge Lecomte et de la FFE, qui lui reprochent des faits de diffamation à leur encontre. Nous regrettons de ne pas avoir pas été informés par la Fédération de sa volonté de poursuivre Amélie Quéguiner. Nous ne sommes en aucun cas solidaires de cette action en justice, et à ce titre nous avons demandé des explications à la Fédération. » Par ailleurs, une pétition en ligne a été lancée pour soutenir la cavalière.