Qui était Marcio Freire, le surfeur décédé à Nazaré ?

Marcio Freire en juillet 2022 en Indonésie. (Instagram/Marcio Freire)

Mort à Nazaré (Portugal) ce jeudi, le Brésilien Marcio Freire était un surfeur quelque peu atypique. Portrait.

Du Brésil à HawaïMort en surfant Nazaré (Portugal) ce jeudi, le Brésilien Marcio Freire était âgé de 47 ans. Plusieurs fois champion de surf dans son état de Bahia, au nord de Rio de Janeiro, Freire a quitté son pays en 1998, à 23 ans, pour migrer à Hawaï, la Mecque du surf. Il y restera jusqu'en 2020, date à laquelle il effectue son retour au pays car la culture locale lui manquait.

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Installé sur l'île de Maui, il ne gagne pas sa vie grâce au surf, ne faisant pas de compétitions. Entre deux sessions, le surfeur avec un certain embonpoint enchaîne les jobs de jardinier, moniteur de plongée ou encore guide touristique lors d'excursions en bateau. Il avait deux filles.

Un rebelle fâché avec la sécuritéS'il a participé à des compétitions dans sa jeunesse, Marcio Freire a préféré rester dans la voie du freesurf quand il migra à Hawaï. S'il se définissait comme un surfeur pro, il n'avait toutefois pas de contrat avec une marque partenaire. Sur l'île de Maui, il a passé beaucoup de temps, à partir de la fin des années des 90, sur la mythique vague de Jaws, le terrain de jeu d'un certain Laird Hamilton. Alors que ce dernier a toujours été très attaché à la sécurité - et s'est battu pour que les surfeurs du spot soient accompagnés d'un binôme en jet-ski -, Freire a, lui, toujours aimé se jeter dans les entrailles du monstre sans gilet par exemple.

Un documentaire à sa gloireÀ Peahi, il surfait le plus souvent avec ses deux meilleurs amis : Danilo Couto et Yuri Soledad. Le trio a d'ailleurs eu l'honneur d'avoir un documentaire à sa gloire. Mad Dogs, sorti en 2016, raconte comment et pourquoi Freire, Couto et Soledad ont tout quitté pour partir à la conquête de Jaws. « Mad Dog » est d'ailleurs devenu le surnom de Freire en raison de son courage et du fait qu'il n'était escorté par aucune sécurité.

« Nous n'avions aucune sécurité, avait confié Marcio Freire au site de Red Bull. C'était un pur courage guidé par le désir de descendre une énorme vague. Les risques étaient nombreux sans sécurité adéquate. Si un accident se produisait, ce serait la fin du voyage. Rien ne nous obligeait à faire ce que nous avons fait. C'était pour nous-mêmes, pour notre satisfaction personnelle. Moi, par exemple, je n'ai jamais eu de parrainage ou d'argent impliqué dans mon voyage », a déclaré l'athlète. À Nazaré, il était un régulier du spot, faisant chaque hiver plusieurs fois le voyage depuis le Brésil.