En état de grâce, Morbidelli a vécu sa "plus belle course"

Léna Buffa
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Prudent quant à ses chances de titre jusqu'à présent, semblait avoir compris samedi, après s'être qualifié en première ligne, qu'il était au pied du mur : c'était tout ou rien, tel qu'il l'annonçait lui-même, et seule une approche agressive en course ce dimanche pouvait lui permettre de confirmer des chances qui, mathématiquement, restaient réelles mais peut-être pas suffisamment pour être prises au sérieux.

Et le pilote italien a bel et bien déroulé son plan tel qu'il l'espérait, dominant le Grand Prix de Teruel avec une performance aussi puissante que parfaite, imposant le respect à ses poursuivants sans aucune contestation possible. "Je savais que je devais faire une course agressive et quand j'ai vu que j'avais une piste dégagée devant moi, j'ai juste décidé de tout donner à chaque tour", a-t-il résumé à l'arrivée.

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT<span class="copyright">Gold and Goose / Motorsport Images</span>
Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRTGold and Goose / Motorsport Images

Gold and Goose / Motorsport Images

"À mon avis, c'était mieux qu'à Misano, parce qu'on a fait un choix risqué pour la course et ça a payé, mais surtout parce que les sensations que j'avais quand je pilotais étaient fantastiques. On a super bien travaillé avec l'équipe et aujourd'hui je me sentais vraiment à l'aise avec la moto et avec les conditions de piste. En termes de performance, c'était donc encore mieux qu'à Misano. Bien sûr, gagner à Misano cela a une saveur particulière, parce que je suis à la maison, mais aujourd'hui la performance était meilleure. Battre les Suzuki, c'était une réalisation qui trouve sa source dans le travail de l'équipe."

Plus rapide de 6"7 que le vainqueur de la semaine dernière, Morbidelli a amélioré sa propre performance de 11 secondes après sa sixième place dimanche dernier sur cette même piste. Une réussite construite dès vendredi, lorsqu'il a dédié l'intégralité de la première journée à sa performance en pneus usés. "On a très bien travaillé ce week-end, et ça a été la clé. On a fait des tours en pneus usés, on a essayé de régler la moto non pas pour les pneus neufs mais pour le moment où les pneus se dégradent, et ça a payé."

Une "concentration supérieure" à la Senna

Transcendé, Franco Morbidelli s'est lui-même étonné de la manière dont il a vécu cette course, au point de tenter de l'analyser par ses origines maternelles. "Aujourd'hui c'était une concentration brésilienne", tente-t-il pour décrire l'état de grâce qui a été le sien. "Une de mes idoles sportives est Ayrton Senna. Je n'ai jamais cru à un niveau de concentration supérieur ou différent de celle que l'on peut avoir normalement pendant une course, mais aujourd'hui je commence à y croire un peu plus. Je commence à croire que l'être humain peut faire des choses formidables si l'on est dans une condition optimale, comme je l'étais aujourd'hui."

"Ma condition mentale optimale est due au fait que l'on a travaillé de manière splendide pendant les essais et c'est mon équipe qui m'a mis dans cette situation, dans ce calme mental, en condition de ne penser qu'à piloter la moto de la meilleure manière possible", poursuit-il. "Quand j'ai fini la course, j'ai eu l'impression d'avoir fait deux tours, pas 23. C'était impressionnant. Avant ce jour, je ne croyais pas à ce genre de choses. Je suis hyper rationnel, et même pas extrêmement croyant, mais aujourd'hui j'ai senti quelque chose de différent sur la moto."

Et Franco Morbidelli souhaitera peut-être redevenir très rationnel rapidement, car cette deuxième victoire le ramène à 25 points du leader du championnat, à la quatrième position.