25 ans du Fise de Montpellier en images, Alex Jumelin raconte

À 44 ans, le multiple champion du monde de BMX flat Alex Jumelin est le seul rider à avoir participé à toutes les éditions du Festival international des sports extrêmes de Montpellier. En images, le rider de 44 ans raconte les 25 ans de cet emblématique événement (qui se déroule du 25 au 29 mai cette année).

Les premières éditions à Palavas - « Nous, on ne connaissait pas Palavas avec mes potes parisiens. On arrive sur ce parking goudronné en bord de plage, comme pour une démo. Je me suis pris des coups de soleil de psychopathe, les gens étaient à fond. À l'époque, je me suis dit « c'est les X Games en France ? ». Ça ressemblait à ce que je faisais dans toutes ces villes américaines où on se qualifiait pour aller aux X Games. On se retrouvait avec le park, le dirt, la planche à voile. Ça a été une expérience de soleil, de fête, et de riding intensif. J'ai fait la connaissance d'Hervé (André Benoit, créateur du Fise), petit étudiant qui courait partout et qui tenait tout ça à bout de bras. Inoubliable. À la fin, il y avait des embouteillages sur l'autoroute, qui est pourtant loin. Les dernières années à Palavas, ce n'était plus possible, c'était blindé, il y avait beaucoup trop de monde qui venait (le Fise a ensuite eu lieu à Grammont puis Montpellier). »

De Palavas à Grammont - « La première année à Grammont, l'idée c'était de faire ça au Zénith : un endroit un peu moins centre-ville, moins plage, mais il y avait ce côté camping. Les gens venaient de la France entière, voire du monde entier, et ils logeaient au camping, vraiment comme dans un festival. Donc le Fise portait vraiment son nom de festival : on dort dehors dans une tente, on mange dehors, pendant quatre jours 24/24. Limite, dans ta tente, tu entendais ton nom quand tu devais aller faire ton run. Il y avait des concerts, l'endroit était très grand, donc c'était vraiment l'image de ce que tu vois aujourd'hui sur des grands festivals aux US dans des endroits un peu désertiques. Ce côté camping, qui n'existe plus au Fise, était assez fou. J'étais assez jeune (26 ans en 2003) et rider, dormir au même endroit, squatter, sortir sur place, c'était un peu la totale. »

L'heure de la rampe - « Ces mecs en roller m'interpellent parce que c'était la grande époque de la rampe, avec un halfpipe immense (une rampe en forme de « U »), dans les années 2006-2008. Il y avait du BMX, du roller, des frères japonais qui déchiraient tout. Incroyable. Ça n'existe plus pour beaucoup de raisons et il y a de toute façon déjà plein de choses à faire sur le park mais voir une rampe c'est fou, voir des mecs en roller dessus, encore plus, donc belle époque. »

Le VTT slopestyle à Montpellier - « Le big air à Montpellier, sur le site actuel (sur les rives du Lez). Il y a un pont immense, et du pont il y avait une tour et le module pour s'élancer était vraiment abrupt. Visuellement, la structure était incroyable. On la voyait de loin donc dès qu'on arrivait, avec les mecs rider en slopestyle. Le big air, pour moi c'est l'époque Yannick Granieri, Tomas Lemoine, le VTT au Fise. J'ai adoré voir ça et j'espère qu'un jour ça reviendra. Ce sont des structures incroyables et c'est une prouesse de mettre ça en place. »

Les rails contest - « Sur les bords du Lez, il y a un endroit où tu as une descente avec un rail (près d'escaliers). Tous les ans, il y a un rail contest (l'objectif est de faire une figure technique sur cette barre de fer). Il y a plein de gens regroupés autour des escaliers. Tu pars d'en haut et tu fais le rail le plus ouf, sachant qu'au niveau de la réception, il n'y a rien, quatre mètres peut-être. C'est un moment vraiment intense qui ne ressemble pas à un moment de sport fédéral mais plutôt à du street, la base de notre culture des sports d'action, et ça fait du bien. Le contest est soutenu et organisé par l'équipe du Fise. D'ailleurs, cette année, il y a aussi une démo-contest de bike life (un style de vie né dans les ghettos américains et anglais où les riders se déplacent sur la roue arrière), qui est aussi un peu dans cet esprit street. »

Fraternité - « Matthias (Dandois, 9 fois champion du monde de BMX flat) et Vicky Gomez, deux riders Red Bull se checkent. C'est aussi ça le BMX flat : tu es là pour gagner mais il y a cette fraternité entre les riders et il n'y a pas beaucoup de sports qui partagent ces valeurs-là de : « je gagne, tu gagnes, mais quoi qu'il arrive, on se donne au mieux, on se soutient ». Nous, ça nous paraît normal mais si j'en parle, c'est parce que beaucoup de gens nous disent « c'est fou que vous soyez encore en mode potes, à vous faire des hugs (câlins), alors que vous êtes là pour vous battre ».

Le Fise s'exporte - « Du wakeboard (absent en 2022 à Montpellier) à Djeddah, en Arabie saoudite. Pour nous, les riders, c'était une expérience folle. C'était la deuxième année qu'on allait en Arabie saoudite, en plein dans le désert, rencontrer des gens qui hallucinaient de voir des mecs comme nous, tatoués, qui font du BMX. Il y avait beaucoup de sourires, de discussions avec les locaux. C'est un peu lunaire d'aller dans ce genre de pays pour rider, je me rappelle qu'il y avait des Japonais et des Américains qui avaient dit « non je n'irai pas, c'est des pays dangereux, en guerre ». Mais l'expérience c'est d'y aller, de découvrir des gens, de parler avec eux et c'était une bonne surprise. En plus, on a visité des lieux touristiques, des grottes, c'était incroyable. »

Champion du monde - « Edmonton, c'est un de mes meilleurs souvenirs en flat depuis que je fais le Fise parce que je l'ai gagné devant mes enfants, une étape de Coupe du monde remportée devant sa famille, c'est quand même extra. En plus, le même jour, l'équipe de France a gagné la Coupe du monde. Je suis pas très foot mais là on était au Canada, ils avaient diffusé la finale sur écran géant, la France a gagné et quelques heures après j'ai gagné donc c'est des souvenirs à vie. Là c'est Kevin Nikulski, un des mecs les plus stylés en BMX flat. »

Anthony Jeanjean, l'enfant du Fise olympien - « Anthony Jeanjean, un très bon ami, que tout le monde aime au Fise. Anthony, c'est un enfant du Fise (il a découvert la discipline ici) et aujourd'hui c'est un des personnages clés dans le BMX en France. Comme moi, il a beaucoup de pression à Montpellier : ce sont des moments où on retrouve notre public et en plus, on est des ambassadeurs du Fise toute l'année, on est de la région Occitanie. Du coup, je crois comprendre et ressentir ce qu'il ressent à ce moment-là pendant son run. C'est des moments de bonheur mais en même temps de pression intense et on se dit, en tant que rider « je suis devant mon public et il faut performer ». Il a réussi à se qualifier pour les JO de Tokyo, a l'objectif Paris 2024. Il est bien en ce moment, il déchire, il progresse. Il a compris l'esprit de la compétition très rapidement, il a joué le jeu des fédérations. Aujourd'hui, c'est le porte-drapeau des athlètes à la FFC et même au niveau de l'UCI c'est un des personnages très importants. Donc c'est un gars intelligent, qui a su s'adapter et c'est un gros bosseur. C'est l'esprit du Fise en un rider. »

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