6h09, l'interminable marathon de Saint Andrews

Adam Scott (à gauche), en pleine attente sur le trou 14 de Saint-Andrews avec les cadets de Marc Leishman et de Dustin Johnson. (Rob Schumacher/Presse Sports)

Joué sur un parcours atypique, le 150e British Open donne lieu à des temps de jeu interminables. Explications avec les acteurs de Saint Andrews, dont certains peinent à garder leur concentration.

En théorie, une partie de golf classique pour trois joueurs lambdas sur un parcours banal doit durer environ 4h30. À Saint Andrews, lieu tout sauf ordinaire dans un tournoi exceptionnel, le jeu dure bien plus longtemps. Jusqu'à 6h10 jeudi pour la partie de Tiger Woods, Max Homa et Matt Fitzpatrick.

Démarrée à 6h35 du matin, la première ronde de The Open s'est achevée à 22h20. Soit peu de temps après que le trio évoqué plus haut a rentré son dernier putt, alors que la nuit commençait à tomber sur le Fife. Fitzpatrick, un brin saoulé après son 72 : « Billy (Foster, son caddy) m'avait prévenu que le jeu est particulièrement long à Saint Andrews. Mais quand même, c'est juste une blague, n'est-ce pas ? Jouer en 6h10, ça ne devrait jamais arriver au golf. »

Dans le cas particulier de Saint Andrews, difficile de blâmer les joueurs et aucune pénalité pour jeu lent n'est tombée jeudi. Entre les greens partagés, les trous qui se croisent, les minutes s'égrènent vite. Exemple concret avec le croisement 1-18 avec la partie de Ernie Els, qui après son dernier putt a dû patienter cinq bonnes minutes derrière le green du 18, au lieu de filer directement au recording. Tout simplement pour laisser démarrer tranquillement Woods et ses deux compères sur le tee du 1.

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Mais ce sont surtout les nombreux par 4 touchables en un coup (dont le 9, le 10, le 12 et le 18) et les par 5 atteignables en deux coups qui posent problème. Du fait de la puissance des joueurs actuels et la dureté du sol, les temps d'attente au départ des trous peuvent alors atteindre 15, voire 20 minutes. En ajoutant à cela quelques bunkers profonds comme des tombes et des greens immenses propices aux 3-putts, voilà donc pourquoi ce links de la Mer du Nord est le plus long à jouer de la rotation The Open.

Patience et acceptation

Collin Morikawa a eu du mal à intégrer ce « pace of play » si particulier, lui qui dispute son premier Open sur le berceau du golf. « Je me doutais que ce serait lent, mais pas à ce point, a déclaré le tenant du titre, auteur d'un 72 après un départ à 10h58. Nous attendions sur les tees, puis sur les fairways. Xander (Schauffele) et moi en avons parlé. Jamais nous n'avons regardé autant de golf. Vous vous tenez sur le fairway et vous regardez deux autres groupes jouer au golf. C'est une partie du problème cette semaine, il faut rester patient et s'assurer de ne pas précipiter ses coups. »

« On le sait tous, c'est ainsi que se joue Saint Andrews à 156 joueurs, a également dit un fataliste Rory McIlroy qui, parti le matin, a mis 5h43 pour boucler son premier tour. On joue, on s'arrête... Mais ça ira mieux le week-end, avec les parties de deux joueurs. »

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