Adrien Bart dans l'inconnu à l'entame des Mondiaux de canoë-kayak

Quatrième des Jeux en C1 1000m, Adrien Bart reste ambitieux à l'orée des Championnats du monde à Halifax (Canada). Mais il sait être passé à côté de son début de saison.

Il a pleuré. Beaucoup, avoue-t-il. Mais Adrien Bart a fini par digérer sa quatrième place olympique obtenue l'été dernier en C1 1000m, tout juste un an après avoir goûté au bronze mondial. Le Nordiste espérait mieux mais il a su prendre du recul, convenir qu'il avait réussi au Japon une course pleine. « Le grand public ne le comprendra pas, puisqu'il n'y a pas de médaille au bout, mais j'ai quand même fait une perf. Je sais ce qu'on a accompli avec Philou (Philippe Colin, son entraîneur) pour gratter les dixièmes dans tous les sens ces dernières années. Et j'ai tout donné. Mais l'expérience m'a appris que les Jeux, c'est une histoire qui ne nous appartient pas vraiment. On prend le départ, on fait la course et un résultat s'écrit... »

Au deuxième jour des Mondiaux à Halifax (Canada), et au lendemain d'une entrée en lice avec le C2 500m qu'il compose avec Loïc Léonard (5e de sa série, qualifié en demi-finale jeudi), Adrien Bart sera jeudi au départ de son épreuve fétiche. « Je suis ambitieux, tout en restant humble parce que les Coupes du monde ont été très compliquées (deux finales B en monoplace, fin mai, en République tchèque et en Pologne). Le niveau de perf n'était pas là, je ne me suis pas très bien senti. Je voulais m'autoriser d'être plus performant mais je n'ai pas été bon. »

Inutile de lui rappeler qu'il a souffert du dos juste avant, ce n'est pas une excuse qu'il brandira. En revanche, le trentenaire devine qu'il a manqué de maîtrise dans les allures de course, qu'il a mal géré la transition du biplace sur 500m au mono sur 1000m. « J'ai voulu être très rapidement aux avant-postes, chose que je fais naturellement d'ordinaire, mais que j'ai un peu surjouée. Ça m'a mis en difficulté sur les fins de course, je n'étais pas sur les bons repères. Les secondes ont filé, et les concurrents aussi. »

Ces résultats ont créé de la frustration mais le jeune homme n'est pas du genre à s'apitoyer. Il les a acceptés. « J'ai fait ces erreurs qui m'amènent à cette performance-là, résume-t-il. Je suis capable de beaucoup mieux mais quand tu ne maîtrises pas et que tu perds un peu les pédales, ton niveau correspond à ça. Et quand ça arrive, il n'y a qu'à retourner au boulot. Très fort. » Evidemment, le doute s'est insinué. Sans doute a-t-il souffert cette saison d'un manque de confrontation au niveau national sur ce 1000m. Mais il n'était alors pas question de tout remettre en cause. Juste ajuster au mieux pour tenter d'exister aux Mondiaux, sur la route de ceux de 2023 à Duisbourg (Allemagne), qui distribueront les quotas pour les Jeux Olympiques de Paris.

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« Il faut que je réussisse à lâcher-prise, à me faire davantage confiance. Que je mette de la distance et laisse parler le naturel. À l'instinct, ça peut faire de jolies courses aux Mondiaux. » Bart sait, en tout cas qu'il doit encore changer des choses pour grimper d'un cran. « Je suis capable de performances, mais pas à chaque fois, et pas dans toutes les conditions de bassin, admet-il. Ce n'est pas être plus régulier, mais être plus fort partout. Il faudra donc changer pour exister, pour que le bateau aille encore plus vite. Se réinventer, passer des caps mentalement. Et ça va être super intéressant. »

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