Affaire Laporte-Altrad : le remboursement sans fin

Mohed Altrad et Bernard Laporte avant la dernière finale de Top 14. (A. Réau/L'Équipe)

Les 180 000 euros encaissés par la société de Bernard Laporte viennent seulement d'être remboursés à Mohed Altrad alors que le président de la FFR avait annoncé renoncer à ce contrat en août 2017.

Fin septembre 2017, M. Laporte annonce qu'il renonce à son contrat d'image avec le groupe Altrad, qui vient d'être révélé dans la presse. « C'est pour cela que j'y ai mis fin avec effet rétroactif », affirme-t-il. En consultant le rapport de synthèse des enquêteurs de la BRDE (Brigade de la répression de la délinquance économique), difficile de comprendre ce que Laporte entend par « effet rétroactif ». Les policiers indiquent que BL Communication devait encore rembourser à Altrad « 116 500 euros au 31 décembre 2020 » sur les 180 000 encaissés en mars 2017, trois semaines après la signature du contrat.

lire aussi

Bernard Laporte face aux contradictions

L'enquête policière mentionne que le premier remboursement (24 500 euros) date de février 2018, quelques jours après la première vague de perquisitions dans cette affaire mais bien après la déclaration de renoncement dans la presse. Une reconnaissance de dette avait été signée en janvier 2018 mais M. Laporte ayant du mal à respecter l'échéancier, il était convenu d'un étalement. Au tout début du procès devant la 32e Chambre correctionnelle de Paris, jeudi dernier, demandant où on en était de ce remboursement, la présidente Rose-Marie Hunault, qui ne disposait pas des documents, marqua une surprise en apprenant que le solde avait été restitué seulement trois semaines avant l'audience.

Me Versini, un des avocats de Bernard Laporte

« Les intérêts ont été payés hier ou avant-hier (dimanche ou lundi). C'est 4 000 euros. »

Et voilà que mardi, pendant son interrogatoire, M. Altrad ajoutait de la confusion : « Il (M. Laporte) a dit qu'il avait payé les intérêts alors que non. Je pense que lui-même ne le savait pas. » Étonnement du tribunal. Puis intervention de Me Versini, un des avocats de M. Laporte, pour faire part, effectivement, d'un quiproquo. « Les intérêts ont été payés hier ou avant-hier (dimanche ou lundi). C'est 4 000 euros. »

Le solde de ce contrat qui n'a jamais connu d'exécution a donc été purgé pendant le procès. Cinq ans après l'effet rétroactif. « Vu que le remboursement n'est pas effectué pendant tout ce temps, on peut se demander dans quelle mesure il est mis un terme à ce contrat, fit remarquer plus tard le tribunal à M. Altrad. Dans quelle mesure le lien perdure. » « Je n'allais pas assigner M. Laporte devant un tribunal, expliqua Mohed Altrad. Je ne savais pas que cet argent était important pour le faire vivre. Je le voyais avec une belle voiture, bien habillé. C'est un homme de parole, je savais qu'il me rembourserait. »

lire aussi

Toute l'actualité sur l'affaire Laporte-Altrad