Affaire Sala : l'avertissement de la chargée d'enquête britannique sur les vols illégaux

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La coroner chargée de l'enquête sur les causes du décès d'Emiliano Sala a averti le gouvernement britannique sur les risques de l'exercice illégal du transport aérien.

Le décès accidentel d'Emiliano Sala, disparu lors du crash d'un monomoteur au milieu de la Manche, le 21 janvier 2019, alors que ce vol entre Nantes et Cardiff ne disposait pas de garanties suffisantes de sécurité, va-t-il faire évoluer la prévention dans le secteur du transport aérien privé ? Chargée de l'enquête (inquest) sur les causes et circonstances de la mort de l'attaquant argentin, qui s'est achevée le 17 mars, la senior coroner du Dorset, Rachael Griffin, a écrit en ce sens à deux membres du gouvernement britannique - le secrétaire d'État aux Transports, Grant Shapps, et la secrétaire d'État à la Culture et aux Sports, Nadine Dorries - et aux dirigeants de plusieurs instances sportives pour évoquer les risques liés à ce marché aux pratiques parfois opaques ; des risques qu'elle évoque dans un rapport rédigé à l'issue de cette enquête. Les destinataires de ce rapport ont été priés de répondre à la coroner avant le 13 mai.

Selon le Bournemouth Echo, la coroner a notamment demandé au secrétaire d'État aux Transports de procéder à un examen des pouvoirs de la CAA (Civil Aviation Authority, le régulateur de l'aviation civile au Royaume-Uni). Plusieurs instances, comme la Premier League et la FA (Football Association), ont également été invitées à faire davantage connaître les risques de l'exercice illégal du transport aérien, un phénomène qui serait particulièrement prégnant dans l'industrie du sport (dans les disciplines les plus lucratives) et de la musique, indique le rapport de la coroner. Durant l'inquest, un enquêteur de l'aviation civile britannique a témoigné que sans l'appui de la police, il est peu probable que la CAA aurait pu engager des poursuites pénales dans ce dossier.

Une requête de la famille du joueur

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La Civil Aviation Authority a notamment poursuivi le pilote David Henderson, l'opérateur du vol funeste, pour « mise en danger de la sécurité d'un aéronef ». Henderson, qui avait confié la mission à son collègue David Ibbotson, a été condamné à dix-huit mois d'emprisonnement, en novembre, dans ce dossier tragique. Henderson avait plaidé coupable, avant son procès, du deuxième chef d'accusation qui pesait sur lui (« transport d'un passager sans autorisation valide »). David Ibbotson (dont le corps n'a jamais été retrouvé) n'avait pas de licence de pilote commercial, sa qualification était insuffisante et il n'était pas compétent pour voler de nuit, ont révélé les investigations à son sujet.

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À l'issue de l'enquête finale (qui n'était pas un procès) il y a un mois, la famille d'Emiliano Sala s'était félicitée « de la décision de la coroner de faire part aux autorités compétentes de ses préoccupations concernant les questions de sécurité soulevées par cette enquête, afin d'éviter que des décès similaires ne se reproduisent ». Les conclusions de cette enquête finale ont confirmé une présence de monoxyde de carbone (un gaz très toxique) dans l'avion qui transportait l'ancien attaquant argentin du FC Nantes, combinée à une perte de contrôle du pilote puis une dislocation en vol, avant le crash.

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