Alain Alberti confiant sur les chances du Français de performer cette saison : « Alex Levy a travaillé très dur »

Alexander Levy a remporté 5 tournois sur le DP World Tour au cours de sa carrière. (F. Nel/Getty images via AFP)

Alexander Levy reprend la compétition cette semaine à Abu Dhabi après 11 mois sans jouer à cause d'une blessure au dos. Alain Alberti, son entraîneur, nous éclaire sur la forme du Français, 634e joueur mondial.

« Dans quel état physique se trouve Alexander Levy avant ce premier tournoi ?
Son état physique va bien, il se sent bien, il n'y a pas de douleurs de dos. Il a pu reprendre un entraînement normal. Cette semaine, François Teissedre (son ostéopathe) est avec lui à Abu Dhabi pour le rassurer et pour vérifier que tout est en ordre. De ce côté-là, tout va bien. Pour un joueur qui a été blessé, la crainte est toujours que la douleur revienne mais c'est purement mental.

Quel est le plus compliqué dans la reprise d'un joueur qui revient de blessure ?
La difficulté, comme dans tous les sports, c'est le manque de compétition. Alex n'a pas fait de tournoi depuis quasiment douze mois, il n'a pas eu la carte dans la poche, etc. Même s'il a repris l'entraînement il y a maintenant trois ou quatre mois, la compétition est aussi une gestion des émotions, de la frustration, la stratégie, etc. Donc là, franchement, il n'y a aucune attente particulière sur ces deux tournois. Je parle des deux premiers Rolex Series qui arrivent. Après, je vais aller voir ce qui se passe à Ras Al Khaimah, le deuxième à Dubaï, où en plus j'accompagnerai aussi Jeong Wong Ko, qui vient de monter sur le Tour. On fera un premier point.

Ces moments ont-ils été durs mentalement pour lui ?
Le côté mental, il l'a travaillé pendant toute cette période de rétablissement. Il a travaillé très dur physiquement. Sous la houlette de Guillaume Chaubron en relation avec François Teissedre, il a fait beaucoup d'exercices de récupération très éprouvants. Je ne sais pas s'il y a eu de la peur de ne pas y arriver mais de toute façon, on ne parle pas de ça. On parle de positif et on essaie de contrôler ce qu'il va pouvoir gérer. On ne parle pas de ce qui pourrait arriver et qui n'est pas contrôlable.

Quels ont été vos axes de travail ?
On est resté simple. Tout simplement parce qu'il y a un swing qui est très, très simple et très, très bon. On a repris sur le travail qu'on faisait avant sa blessure en simplifiant encore plus l'action du corps. De le rendre encore plus mobile et de sentir que le corps joue le plus simplement possible et le mieux possible pour éviter que cette hernie se réveille.

Avez-vous des attentes cette semaine ?
Pour ses premières sorties, il n'y a pas d'attente particulière mais il n'y a aucune raison qu'il joue mal au golf. Les séances de practice étaient très bonnes. Les bons coups tapés au practice, il en tapera sur le parcours. C'est une certitude. Mais la compétition et la performance, c'est taper le bon coup au bon moment, prendre la bonne décision et avoir un petit jeu solide. Mais c'est aussi bien gérer les moments de moins bien quand le score ne suit pas et avoir l'état d'esprit qu'il faut pour se battre. C'est pour ça qu'on va l'accompagner en début d'année. On va l'aider à débriefer ses journées pour qu'il soit lucide dans ses analyses.

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Vous êtes actuellement en Floride avec Pauline Roussin Bouchard, autre joueuse que vous entraînez, comment ça se passe ?
On a fait une bonne session d'entraînement. L'an passé, entre les cartes du LPGA et les tournois de début de saison en Floride, nous n'avions pas eu le temps de faire ça. Mais cette année, les tournois en Floride n'ont pas eu lieu et les évènements qui se déroulent en Asie à partir de fin février sont déjà remplis par les joueuses asiatiques. Du coup, sa saison ne va démarrer que fin mars. Pauline va avoir huit semaines d'entraînement même si entre-temps, elle va pouvoir jouer sur le LET. Elle va disputer deux Aramco Series en Arabie saoudite et à Singapour. Deux tournois qui vont lui permettre de faire des ajustements.

Quels sont les objectifs de cette 2e saison sur le LPGA ?
On sort d'un camp d'entraînement vraiment solide. Nous n'avons pas eu besoin de faire de gros changements, loin de là. On a pris le temps d'ajuster des détails qu'on n'avait pas eu le temps de faire l'année dernière. Cette année, on ne s'est pas fixé d'objectif sur le LPGA. C'est sa deuxième année, elle n'est plus rookie, elle connaît les parcours, elle connaît l'exigence. Je pense qu'elle part beaucoup moins dans l'inconnu et je la sens plus en confiance. Elle a fait une bonne fin de saison l'année dernière avec 4 tops 20. Donc là, il faudra se mettre dans le coup dès les premiers tournois. Elle ambitionne de terminer le plus haut possible au mérite pour disputer la finale. Mais surtout, il faut continuer à progresser et s'améliorer au classement mondial. »

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