Albert Arenas sacré Champion du monde Moto3 !

Léna Buffa
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Albert Arenas a connu une saison qui n'est pas sans rappeler celle de Fabio Quartararo. Vainqueur des deux premières courses du championnat, le pilote espagnol paraissait dominer l'exercice, mais c'était sans compter sur les nombreux incidents venus troubler sa campagne, notamment une blessure cet été ou encore un improbable concours de circonstances ayant récemment mené à un drapeau noir au Grand Prix d'Europe. S'il a pu gagner également au GP d'Autriche, on ne l'a par la suite revu qu'une seule fois sur le podium, avec une troisième place au GP de France, un résultat qui lui avait permis de reprendre la première place du championnat qu'il venait de céder à Ai Ogura.

Bien que n'ayant pas gagné de course cette saison, le pilote japonais aura été son opposant le plus féroce, jusqu'à ce dimanche. Après avoir laissé s'envoler une première balle de match la semaine dernière à Valence tout en assurant les précieux points de la quatrième place, Arenas se présentait sur cette dernière manche avec huit points d'avance sur le pilote du Honda Team Asia, mais également un troisième opposant en la personne de Tony Arbolino, revenu à 11 points après sa victoire du week-end dernier, Celestino Vietti et Jaume Masià n'étant quant à eux plus en course.

Entre les trois derniers prétendants au titre, la course au titre avait déjà connu un premier tournant samedi lors de qualifications durant lesquelles ils ont peiné à se mettre en valeur. Arbolino en a payé le prix fort, n'obtenant que la 27e place sur la grille ! S'il a réussi à gagner 11 positions dès le premier tour, son éloignement ajouté à son déficit au championnat lui laissaient peu de chances de récolter assez de points pour s'imposer au championnat, et pourtant il n'a assurément pas limité son effort ce dimanche.

Agura et Arenas s'élançaient quant à eux de la deuxième ligne, avec l'avantage pour le pilote japonais. Agressif au départ, celui-ci s'est porté à la troisième place derrière Raúl Fernández, qui a maintenu l'avantage de sa pole position, et Tatsuki Suzuki, mais suivi comme son ombre par Arenas. Tous deux ont passé le pilote SIC58 à l'aspiration à la fin du premier tour, puis au même endroit un tour plus tard, Arenas a cette fois pris l'avantage sur Ogura.

Comme il y a deux semaines à Valence, Fernández a affiché sa suprématie et il s'est rapidement détaché pour filer ver sa deuxième victoire avec une avance abyssale, lui dont le transfert en Moto2 pour la saison prochaine est déjà acté. Derrière lui, la lutte est restée intense et groupée parmi ses poursuivants. Dans un groupe comptant initialement sept pilotes, Ogura a peu à peu subi les attaques de ses rivaux. Masiá ou Alcoba dès les premiers tours, puis Öncü, Garcia, et ses compatriotes Sasaki et Suzuki : le Japonais a peu à peu rétrogradé au fond de ce groupe, à une huitième place qui s'annonçait trop faible pour lui garantir de conserver une chance.

Pendant ce temps, Arbolino poursuivait sa superbe remontée. Au sixième tour, il était désormais neuvième et il lui restait à combler plus de deux secondes pour tenter de rattraper le groupe dans lequel figuraient ses deux opposants. Les pilotes Leopard ayant repris les rênes de ce groupe pour quelques tours (après avoir observé deux pénalité long-lap), la jonction a été faite à la mi-course : dès lors, les chances d'Arbolino étaient totalement relancées et celles d'Ogura encore plus à risque.

À six tours de l'arrivée, Ogura avait glissé en dehors du top 10, tandis qu'Arbolino et Arenas s'écharpaient brièvement pour la septième place, avec une touchette au passage. L'Italien a eu l'avantage dans cette passe d'armes, mais il lui fallait encore sortir l'artillerie lourde pour aller chercher le titre en rattrapant les cinq pilotes qui avaient pris un petit peu d'air devant lui (Masiá, Foggia, Alcoba, Suzuki et Garcia) tout en espérant une fin de course catastrophique d'Arenas.

Les chutes de Masiá et Suzuki dans les quatre derniers tours ont encore faire bouger les lignes dans le groupe en lutte pour la deuxième place, mais c'est surtout en étant attaqué de toutes parts à l'approche de l'arrivée qu'Arenas a dû sortir le grand jeu, réalisant un numéro de funambule pour finalement arracher la 12e place. Arbolino ayant passé la ligne d'arrivée cinquième, ce résultat a permis à Arenas de conserver son leadership au championnat pour quatre petits points et de remporter donc son premier titre de Champion du monde.

Arrivé dans le championnat en 2016 après une première apparition ponctuelle deux ans plus tôt à Valence, le pilote originaire de Gérone a mangé son pain noir durant ses deux premières saisons, disputées, à l'époque déjà, chez Aspar. Lorsque l'équipe espagnole a rejoint le clan KTM, ses performances ont suivi une courbe ascendante et de premières victoires ont d'emblée été au rendez-vous. Albert Arenas, qui passera la saison prochaine en Moto2 tout en restant au sein de l'équipe Aspar, fêtera ses 24 ans le mois prochain.