Aleix Espargaró exprime son soutien à Rabat, sans guidon pour 2021

Germán Garcia Casanova
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Alors qu'il disposait initialement d'un contrat, dont les termes n'ont toutefois pas été rendus publics, a toutefois exprimé sa compassion pour son compatriote, dont il comprend l'amertume au regard de son implication de toujours pour réussir.

"Je ne vais pas entrer dans des questions de contrat, parce que je ne connais pas les détails et que c'est quelque chose de très complexe. Je peux seulement dire que ce n'est absolument pas réjouissant pour un pilote de se voir retirer sa moto alors qu'il a un accord. Mais j'insiste sur le fait que je ne peux pas entrer dans les détails car je ne sais pas quelles clauses comporte le contrat", explique Aleix Espargaró à Motorsport.com.

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Né à deux mois d'écart en 1989, les deux pilotes espagnols se connaissent bien. Aleix Espargaró a fait ses débuts à Valence grâce à une wild-card obtenue en 2004, tandis que Tito Rabat a, lui, débuté un an plus tard, sur le même circuit. Cela fait donc plus de 15 ans qu'ils se croisent sur les circuits et en dehors, et le pilote Aprilia sait à quel point son collègue tient à cet engagement dans la compétition.

"Ce que je peux vous dire, c'est que, sur le plan personnel et humain, je me sens très mal pour Tito, parce que je sais à quel point il est important pour lui d'être ici. Il est évident que pouvoir courir en MotoGP est important pour tous les pilotes, mais pour Tito ça l'est encore plus", assure-t-il. "Tito, c'est quelqu'un qui vit seul, pour et avec la moto. Tout ce qu'il veut c'est être sur sa moto, encore et encore. Quand tous les pilotes demandent à la Commission de la sécurité de faire moins de tests, il est le seul à lever la main et à demander plus d'essais et plus de courses."

Après avoir gravi les échelons au cours de cinq saisons d'engagement en 125cc, Rabat a connu ses premiers succès dans la catégorie Moto2. C'est là qu'en 2014, aligné par le team Marc VDS, il est devenu Champion du monde après s'être battu face à Mika Kallio et Maverick Viñales. Premier lauréat du Moto2 à défendre son titre, il s'est ensuite confronté à Johann Zarco, à qui il a passé le témoin au palmarès, blessé en fin de saison. C'est toujours avec Marc VDS qu'il a fait ses débuts en MotoGP en 2016, pour deux premières saisons au guidon d'une redoutée Honda satellite, avant de passer sur une Ducati deux ans plus tard. Une machine inférieure au reste du plateau mais aussi une lourde blessure de la jambe en 2018 ont contribué à l'éloigner de ses rêves de succès, et cette saison 2020 est pour l'heure la plus faible qu'il ait connue.

"Je me sens mal pour Tito, mais cette année il n'obtient pas de résultats", ajoute Aleix Espargaró. "J'espère qu'il trouvera une moto dans un autre championnat et que l'on pourra revoir le Tito qui a remporté un titre mondial, celui qui était un pilote très rapide et très fort."

Depuis qu'il a senti le vent tourner, Tito Rabat ne s'est que peu exprimé face aux médias, annulant à plusieurs reprises ses points presse. Le week-end dernier, alors que son remplacement venait d'être annoncé, il n'a livré qu'un bref commentaire au site officiel du MotoGP. "Je dois encore préciser certaines choses avant de parler, mais on va voir", a-t-il indiqué, n'excluant pas un hypothétique transfert vers le WorldSBK.

"Je veux courir pour prendre du plaisir, j'ai le niveau pour prendre du plaisir, c'est un niveau que j'ai atteint grâce à de gros efforts", avait alors précisé Tito Rabat. "Tout ce que je souhaite c'est être aux avant-postes, me battre pour la victoire et prendre à nouveau du plaisir sur la moto, car durant ces années en MotoGP je n'ai jamais eu cette opportunité. Tous ceux qui y comprennent quelque chose savent que je n'ai jamais eu cette opportunité de me battre devant."

Aujourd'hui, Tito Rabat ne baisse pas les bras, et ce même s'il ne reste qu'un seul guidon disponible sur le plateau MotoGP. Celui d'Aprilia, en quête d'un coéquipier pour Aleix Espargaró après la confirmation de la suspension d'Andrea Iannone cette semaine.