Aleix Espargaró veut courir avant de décider de son avenir

Léna Buffa
motorsport.com

fait indéniablement partie des pilotes les plus frustrés par la suspension des courses, lui qui s'était montré dithyrambique à l'égard de sa nouvelle machine au mois de février, lorsqu'il l'a testée à Sepang et Losail. S'il a grandement apprécié le repos et le temps passé en famille au début du confinement, le pilote espagnol n'a pas tardé à tourner en rond dans sa salle d'entraînement, se languissant de retrouver la nouvelle RS-GP pour la confronter à l'évaluation ultime, celle de la course.

Mais s'il est impatient de recommencer à courir, ce n'est pas uniquement pour le plaisir de pousser sa nouvelle machine dans ses retranchements. C'est aussi que le niveau de compétitivité qu'il pourra atteindre pèsera fortement sur ses plans pour 2021. Sous contrat avec Aprilia jusqu'à la fin de la saison 2020, Espargaró est en tête de lice du constructeur pour conserver son guidon aux côtés d'Andrea Iannone − si l'affaire de dopage qui concerne l'Italien trouve une issue favorable. Il n'est cependant pas question pour lui de courir à tout prix : la performance doit être au rendez-vous.

"Cette année, la moto a complètement changé", se félicite-t-il sur le site officiel du MotoGP. "Elle est plus compacte et permet d'avoir un style de pilotage plus agressif, de mieux tourner quand on relâche le frein avant, elle bouge beaucoup moins. Le pilotage de la RS-GP 2020 est beaucoup moins stressant que celui de la moto de 2019, alors la nouvelle moto est dix fois mieux. J'ai été très compétitif et j'ai hâte de revenir et de courir à nouveau."

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"Pour le moment, je n'ai pas d'accord avec Aprilia pour l'avenir. Je ne peux pas décider si je reste avec eux ou non − même si je n'ai pas encore d'option pour continuer avec eux, car je n'ai pas d'offre. Mais le fait est que j'ai hâte d'essayer la nouvelle moto en course", explique l'aîné des frères Espargaró. Le #41, qui n'est pas le dernier à pousser son équipe lorsque la performance n'est pas au rendez-vous, a déjà évoqué par le passé l'hypothèse de mettre un terme à sa carrière si la RS-GP n'accomplissait pas des progrès notables. Maintenant que ceux-ci semblent être arrivés, il veut en avoir la confirmation en course avant de s'engager.

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"Ce que j'ai dit par le passé, et que le crois toujours, c'est que durant mes deux ou trois dernières années dans ce championnat je veux me battre pour le podium, je veux sentir que j'en suis capable. J'espère que ça arrivera avec Aprilia, mais je ne sais pas comment sera la moto", souligne-t-il. Et le doute est d'autant plus permis qu'en dépit de performances pures remarquables, la nouvelle version de la RS-GP a affiché en février un vrai manque de fiabilité, alors qu'elle venait tout juste de sortir des ateliers de Noale. Aprilia a toutefois obtenu l'accord des instances pour repousser au 29 juin l'homologation de son moteur, ce qui lui offre une opportunité en or de rectifier le tir avant le début du championnat.

Arrivé en MotoGP en 2009, Aleix Espargaró a couru pour Pramac avant d'occuper plusieurs postes dans les équipes répondant aux règlements CRT et Open. En 2015, il est devenu pilote officiel Suzuki et a obtenu une pole position, qui est venue s'ajouter à son palmarès au podium déjà décroché avec la Forward Yamaha. Depuis 2017, il est le leader du programme Aprilia et tente par tous les moyens de mener son équipe sur la bonne voie afin de développer la RS-GP.

"Dans un monde parfait, je voudrais avoir encore un autre contrat, au moins, mais on ne sait jamais ce qui va se passer", souligne le pilote de 30 ans. "Quelles sont les options ? Quelles motos seront disponibles à l'avenir ? Tout a changé avec cette situation, alors la première chose à faire c'est de reprendre la course, de commencer bientôt à courir, et ensuite on verra, on prendra une décision."

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