Alex Jumelin, médaillé d'argent aux X Games : « C'est pas vraiment normal à 44 ans d'être encore là »

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À 44 ans, Alex Jumelin est devenu le premier Français à décrocher une médaille en BMX aux X Games. De retour du Japon, le quadruple vainqueur de la Coupe du monde revient sur l'événement emblématique des sports extrêmes et la suite de sa carrière.

« Vous êtes déjà à l'entraînement le lendemain de votre retour du Japon...
Je suis toujours en bonheur total sur un podium. Mais à la minute où je descends du podium, je pense à la compétition d'après. À chaque fois que j'ai gagné un Championnat du monde (vainqueur de la Coupe du monde à 4 reprises)... Tu es champion le soir et le lendemain, tu remets tout en jeu. Et puis il y a une grosse compétition dans quinze jours en Suisse et surtout Montpellier, le FISE fin mai (du 25 au 29). Et là, c'est le grand rendez-vous pour moi. Autant les X Games, c'est la folie, c'est connu dans le monde entier, on rêve tous d'y faire une médaille. Autant le FISE, c'est mon événement de coeur.

Comment vous vivez cette médaille d'argent (la première en BMX pour un Français) par rapport à tout ce que vous avez fait dans votre carrière ?
C'est incroyable, inouï, inespéré. Des adjectifs, j'en ai plein. Personne ne peut prendre l'avion (pour le Japon) en disant "c'est bon, je vais faire podium", surtout sur ce format battle. Il y a beaucoup de boulot, un peu de stratégie, mais pas trop car ça reste du freestyle. Et il y a des journées comme ça dans la vie d'un sportif, où j'étais super bien sur le bike, j'ai enchaîné des battles en me sentant léger, dans la fluidité des mouvements. Ce qui peut être retenu dans une médaille, c'est parfois quand l'autre se plante. Là non, je retiens les beaux tricks, les enchaînements... C'est une vraie fierté.

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Heureux du retour du flat au programme (il avait disparu depuis 2022) ?
Oui, j'ai participé (aux X Games) entre 1999 et 2002 à cinq éditions. J'avais arrêté d'espérer que le flat revienne. Donc là, c'est un bonheur !

Et vous avez réalisé une première mondiale, un 1080 (trois tours).
C'est une figure que j'ai inventée mais que je n'osais pas faire en run car à chaque fois, tu peux tomber en une seconde. C'était le dernier battle, mon avant-dernier passage, le moment où je ne dois pas rater. C'était génial !

Vous avez été impressionné par le niveau des Japonais (en or et en bronze) ?
Oui, ils nous impressionnent tout le temps. Ils ont progressé, créé des figures et des enchaînements. Celui qui a gagné, Kio (Hayakawa), c'est un bon copain. Sa caractéristique, c'est qu'il a une consistance incroyable, comme Matthias (Dandois, 9 fois champion du monde). À l'entraînement comme en compétition, il réussit à 95 %, ça fait de lui un tueur en compétition. En plus, c'est le rider qui vient de débarquer donc il y a toujours ce truc des juges : la nouveauté, ça fait du bien. C'est une belle motivation pour les autres riders, et pour moi aussi.

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Vous avez 44 ans, plus de 20 ans sur le circuit. Comment vous trouvez cette motivation pour continuer au plus haut niveau international ?
La musique. J'écoute beaucoup de hip hop. Je suis dans le Sud, à Baillargues (près de Montpellier), dans mon école. Je mets du son et je me fais plaisir sur le bike. Après, les compétitions, c'est toujours aussi stressant, aussi flippant. Mais ce qui compte, c'est de bien la préparer, je fais énormément de répétitions de runs donc je me sens plus prêt que les autres. Mais la motivation, c'est le son, la vibe, le flow. Les gens aussi sur les réseaux (sociaux) me motivent, ils sont bienveillants.

Vous vous voyez continuer encore longtemps à ce niveau ?
Même réponse qu'il y a 10 ans, j'en sais rien. Tant que je m'amuse franchement... (il reprend). En fait, tant que je ne me sens pas dépassé en mode « old school » ou le mec qui s'accroche, qui force, tant que je n'ai pas ce sentiment d'être un peu "ringard", ce qui m'attristerait vraiment, je continue. Après, c'est sûr qu'on parle énormément de mon âge car c'est pas vraiment normal à 44 ans d'être encore là (sourire). Mais moi, j'adore, je m'épanouis vachement. »

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