Alexis Pinturault a « fini le gros du chantier » et va terminer sa préparation à Ushuaïa

Alexis Pinturault part se préparer à Ushuaïa. (J. Prévost/L'Équipe)

Après une saison très délicate, le vainqueur du gros globe 2021 Alexis Pinturault a pris le temps de souffler, de se préparer physiquement et part remettre les skis près d'un mois en Argentine.

Très attendu sur la lancée de son gros globe acquis en 2021, Alexis Pinturault n'a jamais trouvé la bonne carburation cet hiver, ayant de son propre aveu sous-estimé la décompression née de sa victoire au classement général de la Coupe du monde la saison précédente. Reparti sans médaille des JO de Pékin, seulement 10e de la Coupe du monde, le Savoyard n'a pas non plus gagné la moindre course, une première depuis dix ans. Après avoir effectué une longue coupure, le champion du monde du combiné 2019 a repris la préparation physique à la mi-juin. Il arrive ce mardi pour près d'un mois à Ushuaïa (Argentine), où il rechaussera les skis dans des conditions hivernales.

« Comment vous sentez-vous après deux mois de préparation physique ?
Ça va plutôt bien ! J'ai eu un bon break au printemps qui m'a fait du bien. Trois semaines de vraies vacances en Équateur, ensuite retour en France mais sans programme d'entraînement, on en a profité pour visiter la famille, rester un peu tranquille. Je suis quand même resté actif, en faisant notamment du vélo. On a repris l'entraînement le 15 juin, c'est très tard par rapport à mes habitudes, mais c'était voulu et c'était très bien. Je ne suis allé qu'une semaine en Autriche, pour des tests physiques. Maintenant, on a fini le gros du chantier, les fondations sont plus que bien posées ! Reste la finition, notamment pendant les stages de ski.

À commencer par celui d'Ushuaïa...
On part lundi et on revient le 12 septembre. Le reste de l'équipe de France arrive à la fin du mois. Avant même de connaître les difficultés des glaciers en Europe cet été, on avait d'ailleurs décidé de retourner en Argentine. Ces dernières années, c'était déjà compliqué pour avoir des conditions dignes de la Coupe du monde sur les glaciers, et j'avais du mal à arriver prêt à Sölden. Recommencer le ski plus tard que d'habitude imposait aussi des vraies conditions hivernales, retourner dans l'hémisphère sud, et c'est la tendance chez toutes les équipes. Il n'est presque plus possible de s'entraîner en Europe. On a de bons échos des conditions là-bas à Ushuaïa, le club de Courchevel y est déjà.

Comment avez-vous organisé les changements dans votre staff ?
Ça a pris un peu de temps notamment parce que j'étais en vacances, mais mi-mai, c'était bouclé, ce n'est pas si tardif. C'est plutôt une bonne chose de renouveler le staff de temps en temps. Je remercie Fabien Munier (l'un de ses deux coaches, qui a décidé de quitter la structure pour rejoindre le groupe vitesse de Coupe d'Europe) pour son apport et de m'avoir prévenu très tôt, c'est formidable. Son successeur, Stéphane Quittet, je suis très heureux de le retrouver, je le connais bien, il me connaît aussi, il a été chef d'équipe du groupe technique en équipe de France. Il est calme, posé, réfléchi, a beaucoup travaillé sur le plan de la préparation mentale. Quant à mon technicien chargé du matériel (Guntram Mathis) chez Head, il est aussi parti, maintenant j'ai deux personnes qui m'entourent à ce niveau-là.

Vous avez été approché par Salomon avant de finalement prolonger votre engagement chez Head. Pourquoi ?
J'étais en fin de contrat avec Head, j'ai testé du matériel d'une autre marque, c'est toujours intéressant, pour l'ouverture d'esprit. Ça s'est plutôt bien passé, mais il y avait quelques interrogations donc j'ai préféré rester chez Head, marque avec laquelle j'ai de très bons rapports et où on a une longue expérience de travail en commun. Partir aurait été un gros risque.

Avec du recul, quel bilan faites-vous de la saison 2021-2022 ?
Je reste sur ce que je disais à la fin de l'hiver, j'ai le même ressenti quatre ou cinq mois plus tard. Il y avait de la fatigue, liée à l'année du gros globe, et à toutes les autres avant. Et je n'ai pas pris assez de temps de récupération, donc la casserole a un peu débordé. Elle était déjà bien pleine, même avant Sölden ! Dès les entraînements sur neige glacée juste avant Sölden, j'ai senti qu'il y avait quelque chose de bizarre. Sur mes réflexes en piste, je sentais un peu de retard. Et ça s'est accumulé au fil des mois, et même en vue des JO. Il y a aussi eu les contraintes liées au Covid, les tests à faire dans les laboratoires spécifiques avant la Chine, on a jamais vraiment eu le temps de souffler...

Quels seront vos objectifs lors de la saison qui s'ouvre fin octobre à Sölden ?
Je ne viserai pas le gros globe. Il y a 20 courses techniques (slalom, géant) et 21 de vitesse (descente, super-G). Mais je ne cours pas les descentes (il y en a 14), contrairement à Marco Odermatt ou Aleksander Aamodt Kilde qui eux ne font pas de slalom (il y en a 10). Donc je pars avec un déficit de quatre courses sur eux, soit 400 points à prendre (une victoire vaut 100 points), donc c'est difficile de lutter. Cette saison arrive après un hiver moyen, donc déjà l'objectif, c'est de retrouver la victoire. Je n'ai pas envie de me remettre le gros globe en tête. Commençons déjà à retrouver les podiums, les top 5 et une régularité. Si j'arrive à revenir à mon meilleur niveau, il y aura aussi une carte à jouer aux Mondiaux, à domicile en plus (6-19 février à Courchevel-Méribel) ! »

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