Alexy Bernard : « Le bâton est une partie de mon corps à part entière »

Alexy Bernard va disputer les Championnats du monde juniors de twirling bâton à partir du 28 juillet. (Sébastien Boué/L'Equipe)

Le jeune champion (18 ans) de twirling bâton raconte dans la rubrique Fenêtre sur Corps du Magazine L'Équipe comment il a dû adapter sa pratique à sa grande taille.

« Je fais 50 centimètres de plus que mes adversaires en juniors. Je mesure 2,01 m, c'est un gabarit assez unique dans le twirling. J'ai fait une poussée de croissance d'un coup, j'ai pris une vingtaine de centimètres entre 2019 et 2020. J'ai dû réapprendre à me servir de mon corps qui avait complètement changé. Mes jambes sont très grandes. Je ne les ai jamais mesurées, mais elles font plus d'un mètre.

Tous les mouvements corporels où il faut de la souplesse ne sont donc pas mon fort. Je me démarque par un twirling rapide, presque dans un style méchant ou arrogant, qui masque mes "problèmes" corporels. L'autre avantage de mon gabarit, c'est que si je lance mal le bâton, avec mes grands bras, c'est plus simple d'aller le récupérer !

Le bâton est une partie de mon corps à part entière. Sans lui, je n'arriverais pas à être tout seul face au public. C'est un prolongement de moi-même. C'est moi qui décide où il va, ce n'est pas lui qui me gère. À partir du moment où tu comprends ça, tu comprends beaucoup de choses. Quand on commence à faire des grands lancers, où le bâton prend vraiment de la hauteur pendant qu'on fait des figures en dessous, on se détache de lui donc il faut qu'il soit lancé parfaitement.

Ma signature, c'est quand je lance avec le coude et que je fais deux "illusions" - un rond avec mon corps et ma jambe - en dessous. Lancer au coude, c'est complexe. Tu peux te prendre le bâton dans l'os et te faire un hématome, mais c'est comme ça qu'on comprend comment fonctionne ce mouvement. Plus je me fais mal, plus j'ai l'impression que le métier rentre !

Je me sens beaucoup plus sportif qu'artiste. Je préfère les disciplines comme les solos 1 et 2 bâtons, c'est de la technique pure contrairement à la rythmic twirl où on doit choisir sa musique et transmettre des émotions, avec un côté théâtral inspiré des majorettes. Ce n'est pas sur quoi je suis le plus à l'aise. Je ne suis vraiment pas un bon danseur. Je ne me trouve pas grâcieux ou agile. Je n'ai pas ça en moi naturellement, mais ça se travaille.

Sur deux minutes trente de performance, on dépense énormément d'énergie. Ça demande une grosse préparation physique avec des abdos et du gainage sinon on ne tient pas dans les figures acrobatiques. Il faut bien s'échauffer car c'est un sport très sujet aux blessures. Je me fais souvent des entorses à la cheville et au poignet.

Un bon twirler doit avoir énormément de cardio. Même si on ne court pas pendant la compétition, si on veut performer, il n'y a pas le choix. À l'approche des compétitions, je fais 5 kilomètres par jour. Chez moi, il fait très chaud l'été, alors en ce moment je dois me lever très tôt pour me préparer aux Championnats du monde. Heureusement, j'aime bien ça. Je suis habitué à ce rythme, ça fait dix ans que je ne vis qu'au rythme du bâton. J'ai commencé le twirling à 3 ans et la compétition à 4 ou 5 ans. Ça demande une bonne organisation pour les cours. J'ai beaucoup d'absences, je ne suis pas un excellent élève, mais je viens tout juste d'avoir mon bac, alors ça va ! »

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