Brassard « One Love » : l'Allemagne crie à la censure

Brassard « One Love » : l'Allemagne crie à la censure

En plaçant leur main devant leur bouche, lors de la photo d'équipe avant le match contre le Japon, les joueurs d'Hansi Flick ont dénoncé les injonctions de la FIFA concernant le brassard inclusif.

Le brassard inclusif « One Love », que l'Allemagne prévoyait d'arborer avant de plier sous la pression de la FIFA, avait été au centre de la conférence de presse mardi, à la veille du match contre le Japon.

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La surprenante défaite (1-2) n'a pas fait passer l'extra-sportif au second plan car la première question posée au sélectionneur Hansi Flick, hier, a encore concerné cette affaire. Il faut dire que les Allemands, critiqués au pays pour avoir renoncé à porter le brassard, font tout pour que leur attachement à la diversité ne soit pas oublié. Au moment de la traditionnelle photo d'équipe, avant le coup d'envoi, les onze joueurs ont porté leur main devant leur bouche, faisant écho aux propos d'Oliver Bierhoff, le directeur de la fédération, qui a parlé lundi de « censure » pour évoquer l'attitude de la FIFA.

« C'était quelque chose qui nous tenait à coeur, on voulait transmettre le message que la FIFA nous réduisait au silence, a déclaré Flick, qui ne veut pas croire que cette initiative ait pu déconcentrer ses joueurs. On ne cherche pas d'excuses, ce serait trop facile. »

Assaillis de questions qui ne concernaient pas le terrain, l'attaquant Thomas Müller et le milieu Joshua Kimmich avaient quand même expliqué, ces derniers jours, qu'ils devaient avant tout se concentrer sur le foot, malgré leur défense sincère des valeurs soutenues par leur fédération. Elle a vu un sponsor majeur la quitter après la parution du communiqué qui annonçait l'abandon du brassard, car le boycott de la Coupe du monde qatarienne est une idée bien partagée en Allemagne, où de nombreux bars refusent de diffuser les matches.

La ministre des Sports avec le brassard arc-en-ciel en tribunes

Le pays était représenté hier par Nancy Faeser, sa ministre de l'Intérieur également chargée des sports, qui a porté le fameux brassard « One love » en tribune officielle. Mardi, Flick avait répondu négativement quand un journaliste lui avait suggéré de l'arborer à la place de son capitaine Manuel Neuer, menacé d'un avertissement. Mais à l'image du milieu Leon Goretzka, ses joueurs n'hésitent pas à s'engager sur des thèmes sociétaux et ils ont décidé d'agir.

« On a parlé de ce qu'on pouvait faire et on a pensé que c'était le bon geste, a confié l'attaquant Kai Havertz. La FIFA ne nous a pas rendu les choses faciles et on voulait montrer ce qu'on ressentait. C'était important pour nous. » L'image restera, et l'Allemagne n'a pas fini de s'attaquer à la FIFA, car il est aussi question d'une action en justice contre l'organisation.

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