Alpinisme - Qui étaient les trois alpinistes disparus du K2, Ali Sadpara, Mohr et Snorri

L'Equipe.fr
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Disparus depuis vendredi sur le K2 en Himalaya, Muhammad Ali Sadpara, John Snorri et Juan-Pablo Mohr tentaient l'ascension du deuxième plus haut sommet du monde. Retour sur les principales ascensions de ces trois alpinistes. Muhammad Ali Sadpara, John Snorri et Juan-Pablo Mohr. Après l'exploit de l'équipe népalaise qui a réussi à vaincre en hiver le K2 pour la première fois de l'histoire de l'alpinisme mondial, ces trois alpinistes ont tenté l'ascension début février, en vain. Ils sont portés disparus depuis vendredi sur ce géant de l'Himalaya, le deuxième plus haut sommet du monde (8 611 m). lire aussi 2 morts et 3 disparus, le pire bilan de la saison hivernale sur le K2 Muhammad Ali Sadpara, un héros national au Pakistan Muhammad Ali Sadpara était une légende de l'alpinisme dans son pays, et considéré comme un héros national au Pakistan. Lui qui venait de fêter ses 45 ans, quelques jours avant de disparaître sur le K2, avait déjà porté le drapeau pakistanais sur huit sommets au-dessus de 8 000 mètres, dont quatre ascensions en une année civile. Il est le seul Pakistanais à avoir réussi une telle performance. Alors qu'il rêvait d'être footballeur professionnel dans sa jeunesse, ayant joué jusqu'à un bon niveau national, il effectue sa première ascension en 2004, devenant porteur pour une expédition coréenne. C'était déjà sur le K2. Il a ensuite ouvert sa première voie en 2006 sur le Spantik (7 027 mètres), au Pakistan, puis change de dimension en 2016, avec l'ascension du Nanga Parbat (8 126 m) en hiver, une première mondiale, en compagnie de Simone Moro et Alex Txikon. De porteur, il devient alors un himalayiste reconnu. Le Pakistanais était également le compagnon de cordée du Français Marc Batard, qui prévoit de gravir l'Everest en 2022, à 70 ans.
lire aussi Nirmal Purja assure avoir gravi le K2 sans oxygène Juan-Pablo Mohr, la montagne dans la peau Juan-Pablo Mohr allait fêter ses 34 ans ce 9 février. Expérimenté mais discret, le Chilien avait déjà gravi cinq sommets de plus de 8 000 mètres, dont le doublé Lhotse (8 516 m) - Everest (8 848 m) en moins d'une semaine et ce, sans oxygène et sans passer par le camp de base. « La montagne est le lieu auquel j'appartiens et où je me sens le plus heureux », avait-il déclaré au magazine espagnol Desnivel avant de s'attaquer à l'ascension du K2. Il faisait partie de l'expédition qui a coûté la vie au Catalan Sergi Mingote en janvier. Juan-Pablo Mohr tentait une nouvelle fois le sommet pakistanais avec l'Italienne Tamara Lunger, mais elle avait décidé de ne pas continuer ce vendredi, et le Chilien avait alors rejoint le groupe d'Ali Sadpara et Snorri pour finir l'ascension.

John Snorri, l'Islandais record John Snorri a lancé sa carrière avec l'ascension du Mont Blanc, en 2011. Il s'était ensuite distingué en 2015 et 2016 avec ses aventures sur l'Ama Dablam (6 812 m), au Népal et l'Elbrouz (5 642 m), en Russie. Père de six enfants, il fut le premier Islandais à réaliser le triplé Lhotse (8 516 m), Broad Peak (8 047 m) et K2, en été. Après un échec lors de l'hiver 2019 et une nouvelle tentative avortée au mois de janvier, l'Islandais de 48 ans voulait de nouveau saisir sa chance.

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