Amélie Mauresmo et Gilles Moretton dressent le bilan du tournoi

Gilles Moretton et Amélie Mauresmo ont dressé le bilan de l'édition 2022. (A.Mounic/L'Equipe)

Amélie Mauresmo, la directrice de Roland-Garros, et Gilles Moretton, le président de la FFT, ont présenté dimanche les chiffres de l'édition 2022 et répondu aux questions concernant notamment les sessions nocturnes, l'exposition du tennis féminin et la gouvernance fédérale.

Dans la grande salle de conférence de presse de Roland-Garros, ce dimanche en fin de matinée, Gilles Moretton, président de la FFT, et Amélie Mauresmo, directrice de Roland-Garros, ont dressé le bilan de l'édition du tournoi qui était sur le point de s'achever avec la finale entre Rafael Nadal et Casper Ruud. Le président a livré les chiffres clefs de l'évènement : « Pour la première fois, on va dépasser les 300 millions d'euros de chiffre d'affaires, alors qu'en 2019, dernière édition « normale » (d'avant Covid), on était à 262M€. » Côté spectateurs dans le stade ? « De 519.000 en 2019, on est passé à 613.500 cette année ».

Et sur le plan des audiences télé ? Aucun chiffre n'a filtré sur le nombre de personnes qui ont suivi le quart de finale Nadal - Djokovic sur Prime Video (qui avait rendu son accès ouvert à tous pour l'occasion), mais le total « était très satisfaisant », affirme Amélie Mauresmo. « Nous sommes le tournoi le plus regardé sur la planète avec 699 millions d'heures visionnées, a ajouté Gilles Moretton. C'est une grande satisfaction. On a des audiences qui ont dépassé toutes nos espérances, avec le dimanche 29 mai, sur France 3, lors du match entre Nadal et Auger-Aliassime, un pic à 5 millions de téléspectateurs. On imagine qu'on aura aussi aujourd'hui un record sur la finale. » D'autres sujets ont ensuite été abordés. Morceaux choisis.

La vigueur des réactions négatives suite aux propos d'Amélie Mauresmo sur l'attrait supérieur, en ce moment, du tennis masculin par rapport au tennis féminin.
Amélie Mauresmo :
« Oui, j'ai été surprise par la vivacité des réactions à partir du moment où, depuis presque 25 ans, je considère avoir fait avancer la cause de la femme soit en tant que joueuse, soit en entraînant des joueuses, soit en tant que capitaine de Fed Cup, soit en entraînant Andy Murray, où j'en ai pris plein la « tronche » aussi. Le changement n'a jamais été très bon. Que ce soit aussi après en entraînant Lucas (Pouille), où c'était beaucoup plus calme, etc. On voit que le temps avance. Cette « mauvaise communication » est peut-être une maladresse de ma part, mais je ne cache pas que ça a été un peu rude de voir que ça remettait en question tout ce que j'ai pu faire pour le tennis féminin et pour les femmes en général dans la société.

Amélie Mauresmo à propos des night sessions

« Là où, personnellement, je me pose plus de questions, c'est aussi sur l'horaire de fin »

Les night sessions, bonne ou mauvaise chose pour Roland-Garros ?
A.M. : « J'ai vu des ambiances vraiment géniales sur ces sessions de soirée. On ne savait pas trop où on allait, mais le résultat est quand même là. Ensuite, il y a cette exposition (sur Prime Video, donc payante) qui peut effectivement être problématique, même si on l'a vu, il y a aussi des façons de la rendre accessible, au-delà de Nadal-Djokovic. Là où, personnellement, je me pose plus de questions, c'est aussi sur l'horaire de fin. Il faut que l'on pose tout ça, que l'on réfléchisse un peu, à ce qui s'est fait cette année, commencer à regarder de près chaque soirée, voir à quelle heure cela s'est fini, combien de temps ça a duré, les températures aussi, etc. Ce n'est pas neutre dans le ressenti des joueurs aussi. On va se voir rapidement après le tournoi (pour un débrief avec les responsables de l'organisation). Dans dix jours, on passera 48 heures tous ensemble pour faire le point. Tout ça sera posé sur la table. Il y a déjà des ressentis très forts. On n'est pas fermé, ce n'est pas figé. C'est ouvert à la discussion. Effectivement, il faudra certainement faire des adaptations, des ajustements.

Le fait que des joueurs abordent des sujets extra-sportifs, comme Coco Gauff et les armes à feu aux États-Unis, Iga Swiatek et la situation en Ukraine.
A.M.
: « Ces personnes sont libres de faire ce qu'elles souhaitent et sont libres d'utiliser l'attention qui leur est portée pour défendre des causes qui, selon elles, sont les bonnes causes. Je ne suis pas là, moi, pour vous dire que les joueurs ne devraient pas le faire ou que ce n'est pas bien. Donc, si c'est quelque chose de très ancré en eux, et qu'ils souhaitent que la situation change, laissons-les faire. »

Amélie Mauresmo

« Quand je jouais, j'aurais aimé faire des finales en cinq sets »

Gilles Moretton : « Tout le monde a le droit de dire ce qu'il pense. Selon moi, c'est plutôt bon, parce que cela leur donne une personnalité un peu plus étoffée plutôt que de dire simplement : « j'ai bien joué », « félicitations à mon adversaire », etc. Cela nous permet de mieux les comprendre. Si on ne leur permet pas d'exprimer ce qu'il ou elle ont au plus profond, nous aurons des robots, tout le monde sera standardisé... »

Pourquoi pas des finales dames en cinq sets à Roland-Garros ?
A.M.
: « Quand je jouais, j'aurais aimé faire des finales en cinq sets. Ça a existé au Masters WTA. Donc c'était déjà dans ma tête il y a vingt ans. J'étais défaite (que ça s'arrête au Masters) parce que j'aurais aimé vivre ça. Pourquoi ne pas le faire un jour. Je pense que le tennis féminin aurait à gagner de ça. Les hommes jouent au meilleur des cinq sets, on les voit plus longtemps aussi, et il y a peut-être un attachement plus fort qui en découle. En tout cas, cela peut être une réflexion. »

Quel avenir pour la gouvernance de la FFT, qui n'a plus de Directrice Générale depuis la nomination d'Amélie Oudéa-Castéra au poste de Ministre des sports ?
G.M.
: « On avait anticipé les choses parce qu'on savait que (le départ d'Amélie Oudéa-Castéra au Ministère) était une éventualité. J'avais dit que c'était un peu le rôle d'un président ou d'un chef d'entreprise d'anticiper. On a accueilli sa nomination avec beaucoup de satisfaction pour le sport français et pour la Fédération. On a convenu qu'Amélie (Mauresmo), à la direction du tournoi, était capable de répondre à toutes les questions ; et que de mon côté, avec les équipes fédérales, on répondait à toutes les questions qui pouvaient toucher à la Fédération. On n'était pas dans l'urgence. L'urgence, c'était Roland-Garros 2022.

Toutes nos équipes étaient vraiment alignées pour travailler et délivrer le tournoi que vous avez eu. Amélie Oudéa-Castéra avait vraiment fait du bon boulot et, il faut le reconnaître, elle avait bien préparé les équipes. Maintenant, l'agenda est très simple : un cabinet de recrutement va identifier dès la semaine prochaine un certain nombre de personnes qui peuvent correspondre au poste, mais sans urgence. Il n'y a pas de panique à la Fédération. On a convenu que la gouvernance de la Fédération, c'est-à-dire le « PVST » (Président, vice-présidente, secrétaire général, trésorier) prenait la Direction générale de la Fédération. Dans ce laps de temps toutes les décisions sont prises ensemble. On va recevoir un certain nombre de personnes d'ici la fin du mois de juin, avant de prendre une décision. On associera bien sûr Amélie (Mauresmo) à la réflexion et aux débats, parce que la direction vers laquelle on veut aller, à la fois sur l'aspect fédéral et sur Roland-Garros, est importante. On peut se fixer l'objectif d'être prêts en septembre ; cela peut être plus rapide, mais il ne faut pas que ce soit plus long. »

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