Amaury Pierron : « La plus belle saison de ma carrière »

Quelques jours après avoir remporté la Coupe du monde de VTT descente pour la deuxième fois de sa carrière, le Français Amaury Pierron est revenu mercredi sur sa saison exceptionnelle, aussi marquée par sa médaille d'argent un peu frustrante aux Mondiaux, aux Gets.

« Quatre victoires en huit manches, le général de la Coupe du monde, l'argent aux Mondiaux... C'est votre plus belle saison ?
Oh oui on peut dire que c'est la plus belle saison de ma carrière ! J'ai déjà fait trois victoires (en 2018 et 2019). Là, une de mieux (quatre en huit étapes). C'était vraiment une belle saison. Quatre victoires, c'est énorme. Et deuxième aux Championnats du monde, pour compléter tout ça... Ce n'était pas vraiment ce que j'attendais mais c'est quand même toujours sympa d'avoir une médaille. C'est une saison assez bien remplie, je suis content.

Juste « assez bien » ?
(Rires). Il y a quand même des choses qui ne m'ont pas plu. Des chutes que je n'aurais pas dû faire. Je me suis blessé, ça aurait pu être pire et j'aurais raté ma saison. Il y a encore des choses sur lesquelles je dois travailler.

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Vous étiez en tête du général depuis la première manche. Aborder chaque étape avec ce statut "d'homme à abattre" a-t-il été compliqué à gérer ?
Honnêtement, j'y ai vraiment pas pensé. Pas au début du moins. J'ai vu course après course. Ça m'a permis de faire un bon début de saison, c'est là que j'ai creusé l'écart. Au bout de la quatrième victoire, je me suis quand même dit que les gars allaient commencer à être tendus. 4 victoires sur 6 manches... Personnellement, ça m'aurait énervé. Et ça les a énervés (sourire). Notamment notre Loïc (Bruni) qui a sorti un gros run aux Championnats du monde (son 5e titre mondial). Parfois, j'aurais peut-être dû être plus intelligent, et me dire d'être un peu plus tranquille, prendre moins de risque. C'est toujours délicat d'avoir ce recul. Mais globalement, c'est une très bonne année car j'apprends beaucoup. Généralement, quand tu fais une saison où tu gagnes, tu n'apprends pas grand-chose. Ma première année en 2018 (victoire au général de la Coupe du monde), j'ai rien appris et j'ai pris une grande claque en 2019, même si c'était une bonne année aussi.

Y a-t-il eu un moment clé ?
Quand j'ai gagné aux États-Unis (à Snowshoe, fin juillet), ma quatrième manche. je me suis dit que j'étais au top : on se rapproche de la fin de saison, je gagne qualifs et finale, le week-end parfait pour moi. Là, je commence à avoir la Coupe du monde dans le viseur.

Aux Mondiaux aux Gets, vous remportez l'argent. Sur le moment, on vous sent extrêmement déçu...
Sur le coup, je ne me dis pas "wow, c'est génial". Quand je passe la ligne... (il fait une pause). Je n'étais pas venu pour une médaille d'argent. C'est le titre qui me manque (il a décroché le bronze en 2019). Cette année, j'y croyais. C'était la première année que j'envisageais de gagner le Championnat du monde. Les autres années, je n'y pensais pas, c'était un bonus. Là, je me sentais capable de le faire. Quand tu as ce sentiment et que tu ne fais pas ce qu'il faut pour... J'étais dégoûté. Après, j'ai été consolé par le fait qu'on est trois Français sur le podium (Bruni en or et Loris Vergier en bronze), en France, devant notre public. C'était incroyable, je n'ai pas de mot. La foule qui envahit l'aire d'arrivée, c'était fou. La Marseillaise sur le podium, une Marseillaise qui résonne dans toute la montagne, c'était fou (il répète). C'était impossible pour moi de faire la gueule sur le podium. Un triplé français, sûrement grâce au public d'ailleurs... C'était vibrant.

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Aviez-vous déjà vécu autant de ferveur ?
Non. En France, c'est toujours très fort, plus que dans les autres pays. Mais là, c'était encore un level (niveau) au-dessus. La semaine des Championnats du monde était longue. Dès le mardi ou mercredi, il y avait déjà des gens partout. Et pour la finale (samedi)... On n'a jamais vu ça. C'était fou. Zéro problème, que de la bienveillance. C'était la fête.

Les Championnats du monde seront-ils le principal objectif la saison prochaine ?
C'est sûr que ça va être un gros objectif. À Fort William (Écosse), où j'ai gagné les trois dernières épreuves en plus. Ce n'est pas que ça me donne confiance, mais je me dis que c'est possible. Après, les Anglais sont toujours très forts chez eux, ça va être costaud. Et il y a toujours les Français, Loïc arrive à se transcender. Ce sera un objectif c'est sûr, un gros objectif (sourire). »

« J'ai envie d'essayer le cross-country »

Si Pierron a déjà fait quelques épreuves de cyclo-cross, il ne s'est jamais essayé au cross-country (discipline olympique). Le double vainqueur de la Coupe du monde de descente devrait se lancer pendant le Roc d'Azur (5-9 octobre, à Fréjus). « Ça m'attire depuis quelques années, explique-t-il. J'ai envie de voir ce que ça donne. j'ai aucune ambition, mais je suis curieux. J'aime comprendre l'effort. C'est une discipline que j'aime bien suivre, ça me fait halluciner ce qu'ils font en Coupe du monde, le fait d'être en contact direct avec tes adversaires aussi. ça me fait un peu rêver donc j'ai envie d'essayer. » Pas de rêve de haut niveau, mais pour le plaisir.