Amnesty International alerte la F1 sur le GP d'Arabie saoudite

Fabien Gaillard
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Le calendrier provisoire pour 2021 dont les équipes ont pris connaissance lors d'une réunion de la Commission F1 ce lundi comporte une course urbaine dans les rues de Djeddah. Il s'agirait d'un premier jalon posé pour courir en Arabie saoudite avant la finalisation d'une course au sein du complexe d'Al-Qiddiya construit à Riyad.

Ce n'est pas le premier lien d'importance forgé par la Formule 1 avec l'État arabe puisque le géant de la pétrochimie Aramco est un des principaux partenaires commerciaux du championnat et officie en tant que sponsor titre de certains Grands Prix, ceux de Hongrie et d'Espagne cette année notamment. L'Arabie saoudite a déjà accueilli des événements internationaux de sports mécaniques dans les rues de Riyad, sa première course de Formule E ayant eu lieu là-bas en décembre 2018.

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Amnesty International fait depuis longtemps campagne contre les violations des droits de l'homme en Arabie saoudite et a mis en avant les liens entre le pays et le sport international. Plus tôt cette année, l'organisation a alerté sur la reprise manquée du club anglais de football de Newcastle via le fonds souverain connu sous le nom de Public Investment Fund (PIF), qui détient également Aramco.

PIF a beaucoup dépensé à l'international cette année et a notamment activement ciblé des compagnies touchées par la crise du COVID-19. De nouveaux intérêts ont été déclarés pour de grands noms du monde des affaires, tels qu'Uber, BP, Boeing, Citigroup, Facebook, Marriott, Disney, Cisco, Bank of America, Shell, Total, Qualcomm, IBM et Starbucks. Une prise de participation à hauteur de 418 millions de dollars a également été annoncée dans Live Nation, une entreprise sœur de la F1.

Le projet d'un Grand Prix potentiellement organisé en Arabie saoudite a entraîné une communication rapide de la part d'Amnesty International, par la voie de Felix Jakens, responsable des campagnes d'Amnesty au Royaume-Uni. "La Formule 1 devrait réaliser qu'un Grand Prix d'Arabie saoudite en 2021 s'inscrirait dans le cadre des efforts en cours pour laver par le sport le bilan catastrophique du pays en matière de droits de l'homme."

"La tentative ratée d'acheter Newcastle United n'a manifestement pas dissuadé les autorités saoudiennes, qui continuent apparemment de considérer le sport de haut niveau comme un moyen de redorer leur réputation gravement ternie. Malgré la fanfare autour du fait que les femmes saoudiennes ont finalement été autorisées à conduire une voiture sans se faire arrêter, les autorités ont récemment enfermé et torturé plusieurs militantes des droits des femmes de premier plan, dont Loujain al-Hathloul et Nassima al-Sada."

"Si un Grand Prix d'Arabie saoudite a lieu, la Formule 1 devrait au moins insister pour que tous les contrats contiennent des normes de travail strictes dans toutes les chaînes d'approvisionnement, et pour que toutes les courses soient ouvertes à tous sans discrimination. À l'approche d'une course à Djeddah, nous demandons instamment à tous les pilotes, propriétaires et écuries de F1 d'envisager de s'exprimer sur la situation des droits de l'homme dans le pays, notamment en exprimant leur solidarité avec les défenseurs des droits de l'homme emprisonnés."

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Interrogée sur l'opinion d'Amnesty, la F1 n'a pas fait de commentaires spécifiques sur l'Arabie saoudite, notant que l'événement n'a pas été officiellement annoncé. Toutefois, un porte-parole a souligné que le championnat se concentre sur les questions de droits de l'homme, en déclarant à Motorsport.com : "Pendant des décennies, la F1 a travaillé dur pour être une force positive partout où elle court, y compris en termes de bénéfices économiques, sociaux et culturels."

"Des sports comme la F1 sont dans une position unique pour traverser les frontières et les cultures afin de rassembler les pays et les communautés pour partager la passion et l'excitation d'une compétition et de performances incroyables. Nous prenons nos responsabilités très au sérieux et avons clairement fait connaître notre position sur les droits de l'homme et d'autres questions à tous nos partenaires et aux pays hôtes, qui s'engagent à respecter ces droits dans la manière dont leurs événements sont accueillis et organisés."

Avec Adam Cooper