Amnesty International dénonce le silence de la FIFA sur l'indemnisation des travailleurs des chantiers du Mondial

Les travailleurs des chantiers de la Coupe du monde n'ont pas été indemnisés. (S. Leban /L'Équipe)

L'ONG Amnesty International, qui mène campagne depuis mai pour que le Qatar et la FIFA indemnisent les travailleurs des chantiers de la Coupe du monde, dénonce le silence du patron de l'instance mondiale, Gianni Infantino.

Amnesty International a de nouveau exhorté le président de la FIFA, Gianni Infantino, à verser une compensation financière aux travailleurs immigrés qui ont construit les stades de la Coupe du monde au Qatar, vendredi dans une tribune au quotidien Le Monde.

À neuf jours du début du tournoi, dimanche 20 novembre, l'ONG renouvelle une demande qu'elle avait déjà effectuée en mai, conjointement avec 24 autres ONG dont Human Rights Watch, pour remédier aux « abus » dont ont souffert, selon elles, les ouvriers provenant principalement du sous-continent indien et d'Afrique.

« Au milieu de cette clameur croissante, la voix la plus cruciale de toutes a gardé un silence remarqué : celle de Gianni Infantino », regrette la secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard. « Malgré les assurances privées et publiques de la FIFA qui a affirmé "étudier la proposition", Gianni Infantino, hormis quelques platitudes, a constamment éludé la question. Il n'a toujours pas répondu à notre lettre conjointe », poursuit-elle.

Le président de la FIFA a récemment attisé la colère des ONG en demandant aux 32 nations participant au tournoi de « se concentrer sur le football », dans une lettre dont le contenu a été révélé par Sky News le 4 novembre. Infantino a également prié les équipes de ne plus « donner de leçons de morale ».

« Coup de pub »Si Agnès Callamard note qu'Infantino « avait [...] présidé à un changement notable dans l'approche de l'instance dirigeante du football mondial en matière de droits humains », elle qualifie la demande de l'Italo-Suisse de « tentative grossière et sans équivoque d'exonérer la FIFA de sa responsabilité dans ces atteintes aux droits humains et envers ces travailleurs ».

Sollicitée par l'AFP, la FIFA a rappelé que « des mesures pour garantir la santé et le bien-être des ouvriers de la Coupe du monde ont été une priorité ».

De son côté, le Qatar a rejeté les appels à une compensation financière, que le ministre du Travail qatari Ali bin Samikh Al Marri a qualifié de « coup de pub » ce mois-ci auprès de l'AFP. Dans la tribune publiée vendredi, Amnesty critique l'attitude du pays et de la FIFA, qui « se plaisent à répéter qu'un package de mesures d'indemnisation serait compliqué à élaborer et à appliquer ».

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