Un an après son triplé olympique, Eileen Gu retrouve l'or avec « un nouvel état d'esprit »

Eileen Gu, lors des JO de Pékin, après son titre olympique en halfpipe. (F. Faugère/L'Équipe)

Fierté nationale en Chine, Eileen Gu a retrouvé la compétition cette semaine avec une victoire à Calgary en Coupe du monde, un an après son triplé aux JO de Pékin. La skieuse de 19 ans s'alignera également sur les deux plus grands événements de l'année : les X Games et les Championnats du monde, mais avec « un nouvel état d'esprit ».

Sa dernière apparition en compétition remonte à quasi un an, quand elle est montée pour la troisième fois sur le podium des Jeux Olympiques de Pékin, un bonnet aux oreilles de panda de la mascotte sur la tête, Bing Dwen Dwen. Loin des pistes chinoises où elle a réalisé un triplé inédit en ski freestyle pour sa première participation aux JO (or sur big air et halfpipe, argent en slopestyle), la native de San Francisco, qui a choisi à 15 ans de représenter sportivement la Chine, le pays de sa maman, signe donc son retour dans la station canadienne de Calgary. Une première victoire en Coupe du monde ce vendredi pour lancer 2023, en halfpipe (un module en forme de « U »).

Pas vraiment de surprise tant elle domine cette discipline depuis quatre ans. Son premier run (crédité 90 pts) lui suffisait cependant pour l'emporter devant la locale Rachael Karker (89 pts) et l'Américaine Hanna Faulhaber (77.25 pts), mais Gu est même monté d'un cran sur son deuxième essai, avec un run à 95 points. « C'est bon d'être de retour avec le dossard, apprécie-t-elle. J'étais forcément un peu nerveuse. »

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Moins de ski, priorité aux études à StanfordCette année, pas de coach ou d'entraînement intensif comme l'année précédant les JO, car sa priorité est Stanford, une des plus prestigieuses universités américaines, située dans la Sillicon Valley californienne. Depuis sa rentrée en septembre 2022, Eileen Gu affirme ne skier que les week-ends et sur ces vacances afin de ne pas manquer les cours. « Tant que je termine la saison en bonne santé, je penserai que cette saison est un grand succès », assure celle qui continue d'apprendre des nouvelles figures, comme un 1260 tail grab (trois tours et demi sur elle-même en attrapant son ski arrière et en croisant les skis), une première mondiale, dont elle a posté une vidéo sur les réseaux sociaux en décembre.

« J'ai confiance en mes capacités mentales et ma capacité à bien concourir au bon moment, nous expliquait-elle début janvier, après une journée d'entraînement à Copper Mountain, dans le Colorado. Mais réussir n'est pas seulement défini par la couleur de la médaille, c'est aussi par le fait d'être fière de tes figures, de tes performances, ton sang-froid, l'impact que tu as avec ce sport... Bon, évidemment, je suis très compétitive, je veux le triplé de médailles ! »

Comme beaucoup d'athlètes, elle a pris une pause loin des pistes après les JO. Quatre mois en Chine avant de retourner à San Francisco, où elle vit depuis toujours. Mais pas de saison off pour la double championne du monde, également mannequin, qui assure cependant aborder cette nouvelle année avec « un nouvel état d'esprit », peut-être un peu plus détendue : « Aussi fort que j'aime la pression, et j'adore faire de la compétition, je veux aussi préserver une partie du ski pour moi toute seule. »

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À la fin des JO, elle était restée évasive sur la suite de sa carrière de skieuse, se laissant le temps de souffler. Mais Gu s'alignera bien sur les deux plus gros événements de l'année 2023, et dans les trois disciplines du freeski : aux X Games à Aspen, aux États-Unis (27-29 janvier) et les Championnats du monde à Bakuriani, en Géorgie (19 février - 5 mars). Elle y retrouvera notamment Tess Ledeux, double championne du monde et vice-championne olympique. Leurs retrouvailles après la finale olympique haletante du big air, où Gu avait décroché l'or, passant devant la Française sur son dernier run grâce à une figure qu'elle assure n'avoir jamais testé avant et seulement réussie auparavant par... Tess Ledeux.