Andrey Rublev après sa victoire en cinq sets face à Holger Rune : « Je me suis dit que c'était fini »

Vainqueur d'Holger Rune lundi à Melbourne, Andrey Rublev défiera Novak Djokovic en quarts de finale. (C. Recine/Reuters)

Mené 5-2 dans le cinquième set, puis encore 7-3 au super tie-break, le Russe, sixième mondial, a réussi à chasser son stress sur la fin de match pour dominer Holger Rune (6-3, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6 [9]) et s'offrir un septième quart de finale en Grand Chelem, face à Novak Djokovic.

« Vous disiez dernièrement que tout est question de mental sur une fin de match. Êtes-vous satisfait de ce que vous avez réalisé face à Holger Rune ?
C'est pour cela que je souris, parce qu'aujourd'hui le mental était hors de contrôle (sourire). J'ai beaucoup lutté. J'ai eu de la chance. Je ne sais pas si c'était un cadeau. À partir de 5-2 contre moi dans le dernier set, J'ai commencé à penser que c'était fini. Mais d'une certaine manière, je me suis relâché et j'ai pu commencer à jouer avec beaucoup plus de concentration et beaucoup mieux. Ce fut le moment décisif. Même à 6-5 et deux balles de match contre moi, j'ai pensé, non, c'est sûr je le ferai au tie-break !

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Et puis à nouveau, pendant le tie-break, je me suis dit que c'était fini. Mais je me disais, au moins ne fais pas comme à Roland Garros, où j'avais abandonné complètement (défaite en quart de finale 2022 contre Marin Cilic, 10-2 au super tie-break). Et à 3-7, j'ai joué quelques bons rallyes, j'ai mieux lu ses services, j'ai bien retourné, j'ai bien servi, j'ai fait des aces et ce dernier point (retour de revers gagnant avec la bande du filet), ça ne m'était jamais arrivé. Il ne pouvait y avoir de meilleur moment que celui-là, une balle de match pour aller en quarts de finale, pour faire un retour comme ça. C'est probablement le moment le plus chanceux de ma vie. Je peux aller au casino, c'est sûr je vais gagner !

Comment avez-vous continué d'y croire, tout en étant mené tout au long du 5e set ?
Sans doute parce que je n'y croyais plus (rire) ! Mon jeu de service à 4-5 dans le quatrième set a été un jeu stupide. Je fais deux fautes faciles. Au début du 5e set, je suis complètement figé, je pense que je ne peux pas bouger, que je ne peux pas frapper. Je me retrouve à 0-40 sur mon service après trois fautes sur la première frappe. Alors je me suis dit, essaie, point par point et j'ai été capable de sauver mon jeu de service. Mais à 1-2 ensuite, je me rendais compte que Rune jouait bien mieux que moi, qu'il méritait de gagner. Et quelque part, en pensant ainsi, j'ai pu me soulager du stress que j'avais et à la fin du match, je jouais bien mieux que tout au long de la partie.

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Parlez-nous du défi de jouer Novak Djokovic en quarts de finale ?
Novak est un joueur extrêmement difficile à battre, spécialement en Grand Chelem. Il a la plus grande expérience pour gagner ce genre de matches. Il est l'un des meilleurs de l'histoire. La seule chance que j'ai, c'est à condition de jouer mon meilleur tennis, me battre sur chaque balle. C'est ma seule chance.

Vous avez perdu vos six quarts de finale en Grand Chelem jusqu'ici. Pourquoi n'avez-vous jamais passé la barre ?
Les premières fois, je n'étais pas prêt parce que les joueurs en face, des gars comme Rafa, étaient bien meilleurs que moi. J'étais encore adolescent, pas totalement construit physiquement. Ensuite, les autres fois où j'ai eu ma chance, c'est mentalement que je n'ai pas pu gérer. »

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