Andy Murray se qualifie au bout de la nuit pour le troisième tour de l'Open d'Australie

Au bout de la nuit, Murray se qualifie pour le troisième tour de l'Open d'Australie. (C. Recine/Reuters)

À 35 ans et avec une prothèse de la hanche, Andy Murray a remporté dans la nuit de jeudi à vendredi un combat épique de 5h45, contre Thanasi Kokkinakis (4-6, 6-7 [4], 7-6 [5], 6-3, 7-5), qui s'est terminé à 4h05, heure de Melbourne.

Des drapeaux australiens, écossais et même grecs, qui s'agitent toutes les deux minutes et e replient sur les genoux des noctambules courageux. Des cris et des chants qui fendent la nuit dans la bonne humeur, des gobelets de bière qui se vident vite, comme les batteries aux abois de smartphone qui n'en peuvent plus de filmer. Des supporters qui donnent tout pour soutenir leurs héros, et puis Ivan Lendl, qui ne se lèvera qu'une fois, à la fin, pour quitter son siège, sa tribune, et le court Margaret Court.

Avant de s'éclipser pour rejoindre son joueur dans le parking souterrain, l'Américain a passé un bras attendri autour de l'épaule de Judy Murray, autrement plus expressive que lui, tout au long des presque six heures au cours desquelles son fils Andy aura si chèrement vendu sa peau qu'il l'aura encore sur lui au réveil.

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À bientôt 36 ans, Andy Murray, ancien numéro 1 mondial, ne remportera jamais de quatrième titre du Grand Chelem. Mais il a encore gagné un peu plus de respect sur la planète tennis, tout au long d'une nuit australienne insensée, indécente, irrécupérable et absolument géniale à la fois.

Il aurait déjà dû perdre au premier tour, puisque Matteo Berrettini avait un passing penalty à tirer sur balle de match. Mais l'Italien a fini par perdre en 4h49 (6-3, 6-3, 4-6, 6-7 [7], 7-6 [6]). Il aurait dû perdre au deuxième tour, ce jeudi, puisque Thanasi Kokkinakis menait 6-4, 7-6, 5-2 et qu'il était évidemment trop vieux pour remonter ce handicap. Tu parles !

Onzième come-back de deux manches à rien, record absoluRageur, rageant, éreinté et éreintant. Peu à peu, l'Écossais a refait son retard, il est passé à deux points de la défaite au tie-break du troisième set puis à 4-5 au cinquième. Il a breaké à 5-5, s'évitant un nouveau super tie-break de tous les dangers, mais pas d'avoir joué 10h34 depuis le début de son Open, en deux parties seulement (4-6, 6-7 [4], 7-6 [5], 6-3, 7-5, en 5h45 ce jeudi). Il a terminé son match à 4h05, et sa conférence de presse express à 4h20.

Samedi, il devra revenir sur le court, pour affronter Roberto Bautista Agut, pas vraiment un adepte des filières courtes ni des matches d'une heure et demie en Grand Chelem. Murray a eu mal, il a mal, il aura mal. Mais il en redemande. C'est la onzième fois qu'il gagne un match au cours duquel il a été mené deux manches à rien. Personne d'autre n'a jamais fait autant. Dans toute l'histoire du tennis. Personne. Possible qu'il ne puisse pas marcher au réveil. Impossible qu'il renonce à courir au prochain tour.

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