Anne-Chantal Pigelet-Grévy ne restera pas présidente de la FFS

Anne-Chantal Pigelet-Grévy, à Courchevel en décembre 2021, à côté de Johan Eliasch, le président de la FIS. (M. Cottin/Zoom)

Non élue samedi au comité directeur du comité Mont-Blanc, l'actuelle présidente de la FFS Anne-Chantal Pigelet-Grévy ne pourra pas se présenter à sa propre succession le 4 juin. Fabien Saguez, qui vient de quitter son poste de DTN sur fond de tension avec Pigelet-Grévy, a lui été élu, et sera candidat à la présidence.

Les élections du comité directeur du comité Mont-Blanc ont eu lieu samedi à Saint-Gervais dans une atmosphère tendue et avec une grosse surprise à la clé. L'actuelle présidente de la Fédération française de ski (FFS), Anne-Chantal Pigelet-Grévy, n'a en effet pas été élue au comité directeur, au contraire de Fabien Saguez, qui a quitté son poste de DTN de la FFS au début du mois d'avril après des semaines de tension avec « sa » présidente, notamment lors des JO de Pékin où le dialogue était réduit à sa plus simple expression. Samedi, Saguez a aussi été élu président du comité Mont-Blanc.

Conséquence immédiate et importante : Pigelet-Grévy ne pourra pas se représenter lors des élections du 4 juin à Dijon à la présidence de la FFS, où elle avait succédé en juillet 2021 à Michel Vion, parti à la Fédération internationale de ski (FIS) occuper le poste de secrétaire général.

En revanche, grâce à son élection au comité Mont-Blanc, Saguez, DTN de 2006 à ces dernières semaines (et très proche de Vion, président de la FFS de 2010 à 2021) sera sauf énorme surprise candidat, avec de bonnes chances de victoire, même si d'autres prétendants issus de comités différents (Savoie ?) peuvent encore se dresser sur sa route.

Anne-Chantal Pigelet-Grévy, présidente de la FFS

« Tout cela était prévisible, les élections étaient déjà jouées avant que ça ne commence. Quatre ou cinq gros clubs dominent, ce n'est pas une belle expression de la démocratie [...] Un syndicat (celui des moniteurs) a la mainmise et le contrôle sur la Fédération. Je suis pas surprise

Anne-Chantal Pigelet-Grévy a accueilli ses résultats avec une certaine fatalité, estimant que la bataille n'a pas été loyale. « Tout cela était prévisible, les élections étaient déjà jouées avant que ça ne commence, rappelle-t-elle. Quatre ou cinq gros clubs dominent, ce n'est pas une belle expression de la démocratie, et il faudrait réformer nos statuts. Un syndicat (celui des moniteurs) a la mainmise et le contrôle sur la Fédération. Je suis pas surprise. Le DTN veut être président depuis plusieurs années. Il y a eu des intrigues, des cachotteries, on m'a aussi fait payer le fait d'être une femme à la présidence, mais j'ai tenu bon jusqu'aux JO de Pékin, la priorité était de protéger les athlètes. »

En froid avec Saguez, la présidente de la FFS avait écrit au ministère des Sports au retour des JO, un courrier dont le ton et le tempo avaient heurté beaucoup de monde dans le milieu fédéral. « J'ai sans doute commis des maladresses sur la forme, reconnait Pigelet-Grévy, mais le DTN a été déloyal depuis le début. Moi, j'ai agi dans l'intérêt de la maison et je continuerai à servir le ski. Regardez le bilan du DTN, celui du sport féminin est désastreux. Si le ski veut faire du neuf avec du réchauffé... »

Fabien Saguez : « Ni intrigues, ni cachotteries »

De son côté, Fabien Saguez nous a confirmé son envie de succéder à Pigelet-Grévy. « Je me présenterai au comité directeur de la FFS le 4 juin, ça c'est certain, et normalement ensuite à la présidence de la FFS. J'y réfléchis depuis plusieurs mois, un peu avant le départ de Michel Vion à la FIS, mais je voulais d'abord faire les choses dans l'ordre avec les élections du comité Mont-Blanc. »

L'ex-DTN assure ne pas vouloir faire de cette candidature une forme de réponse au conflit qui l'a opposé à la présidente actuelle de la FFS : « La période récente a été violente, dure, mais il n'y a pas eu d'intrigues ni de cachotteries, et absolument pas de sexisme. La situation à la sortie des JO a été surréaliste, et ce qui s'est passé a accéléré ma réflexion. Mais je ne décide pas d'orienter mon avenir sur fond de revanche personnelle. Je suis un homme libre. »

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