Antidopage : Ezpeleta voudrait une liste spécifique pour le MotoGP

Léna Buffa
motorsport.com

Carmelo Ezpeleta a beau ne pas avoir de rôle à jouer dans le traitement judiciaire du cas d', il n'en demeure pas moins qu'il a un avis personnel sur cette question, pour le moins épineuse. Contrôlé positif à une substance prohibée de la famille des stéroïdes après le Grand Prix de Malaisie, le pilote Aprilia est suspendu depuis la mi-décembre et dans l'attente de la suite de l'enquête. Alors que la Fédération internationale de motocyclisme s'est appuyée sur deux échantillons d'urine prélevés après la course de Sepang pour étudier son cas, le pilote a présenté devant la Cour disciplinaire internationale les résultats d'un test capillaire réalisé de son côté et tendant à démontrer son innocence, sa défense arguant que le produit initialement décelé proviendrait de viandes traitées consommées en Asie.

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Attentif à cette évolution, le PDG de Dorna Sports a déjà rappelé qu'Andrea Iannone devait bénéficier de la présomption d'innocence dans l'attente d'un verdict des autorités compétentes, néanmoins il semble s'être fait son propre avis. "Comme toujours, et il ne pourrait en être autrement, la Dorna va respecter la loi", souligne Carmelo Ezpeleta sur le site officiel du MotoGP. "Nous pensons que les quantités perçues dans le test de Iannone étaient très petites, mais je le répète, nous nous montrerons respectueux de la décision. J'espère que la situation pourrait être bonne."

Cette affaire prouve toutefois, selon le promoteur du championnat, que le traitement des questions de dopage mériterait sans doute d'être repensé afin d'être mieux adapté aux spécificités du MotoGP, alors que le championnat est lié à la même liste de produits prohibés que des sports aussi différents que l'athlétisme. "Mon souhait en tant que PDG de la Dorna, et j'en ai parlé avec le président de la FIM, c'est que nous devons avoir, je pense, notre propre liste de produits interdits. Aujourd'hui nous travaillons avec les produits qui sont interdits dans tous les sports, or les sports mécaniques et en particulier le MotoGP sont clairement spéciaux", estime-t-il.

"Mon souhait est donc celui-là. Cela dépasse nos possibilités, mais j'ai demandé à la FIM d'essayer de constituer une liste de produits interdits, faite par la FIM et en accord avec l'AMA [Agence mondiale antidopage] pour notre sport. Ce n'est toutefois qu'un souhait, nous ne pouvons pas contrôler cela", précise Carmelo Ezpeleta. D'autres voix se sont par ailleurs élevées pour que les contrôles antidopage soient plus fréquents, à commencer par celle de Massimo Rivola, PDG d'Aprilia Racing, qui rejoignait en ce sens un avis déjà exprimé l'an dernier par des pilotes.

Aucune nouvelle n'a pour l'heure été transmise par les autorités chargées de juger le cas d'Andrea Iannone depuis son audience devant la Cour disciplinaire internationale et la présentation de l'élément potentiellement déterminant que peut être le résultat de son test capillaire. Par la voix de Rivola, Aprilia soutient toutefois ardemment son pilote et espère son retour prochain, bien que son remplacement par Bradley Smith lors du premier Grand Prix de la saison soit désormais envisagé très sérieusement.

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"Bien sûr nous attendons le retour d'Andrea, j'espère que cette histoire se terminera très vite. Il a déjà donné toutes les informations pour son jugement, nous savons maintenant qu'il n'est pas coupable et nous en sommes heureux", a fait savoir le PDG d'Aprilia Racing ces derniers jours. "Malgré le bon travail de Bradley, notre pilote nous manque et nous voulons le récupérer aussi vite que possible."

Quel que soit le verdict final dans cette affaire, les délais de traitement d'un tel cas sont bel et bien en décalage avec l'agenda du championnat, et l'absence du pilote lors des tests de pré-saison et potentiellement une ou plusieurs courses sera, lui, impossible à rattraper.

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