Antoine Dupont, avant le test-match contre l'Australie : « Je ne suis pas le seul leader »

Antoine Dupont, lors de l'entraînement de l'équipe de France, jeudi. (B. Paquot/L'Équipe)

En marge de l'entraînement de ce vendredi après-midi, au Stade de France, le demi de mêlée des Bleus Antoine Dupont est notamment revenu sur ce statut de capitaine qu'il assumera samedi soir (21 heures) face à l'Australie et gardera jusqu'à la Coupe du monde 2023. Un leadership qu'il confirme partager avec d'autres.

« Qu'est-ce que ça fait de revenir au Stade France, sept mois après la victoire dans le Six Nations et le Grand Chelem ?
C'est toujours important pour nous de revenir ici. On l'a quitté il y a maintenant sept mois avec des souvenirs incroyables et on le retrouve dans un autre contexte, mais toujours avec autant de joie et de concentration.

Que vous inspire l'Australie, votre futur adversaire, qui reste sur une courte victoire en Écosse (15-16) ?
Ces Australiens jouent ensemble depuis quelques mois maintenant, ils ont acquis beaucoup d'automatismes et connaissent bien leur rugby. On sait aussi la difficulté de gagner à Edimbourg. Ça a été un match âpre, disputé, et comme ça leur arrive régulièrement, ils étaient dominés au score mais n'ont rien lâché pour finalement l'emporter. On sait avec quelles intentions ils viennent ici.

Comment vivez-vous votre statut confirmé de capitaine, et quels sont vos échanges avec Charles Ollivon, qui assumait cette responsabilité au début de l'ère Galthié ?
Je le vis normalement, plutôt bien. Je le répète, je ne suis pas tout seul dans ce groupe. Depuis que Charles est revenu, il reste un leader à part entière, comme peuvent l'être aussi Greg (Alldritt), Gaël (Fickou) ou Julien (Marchand). On échange librement sur tous aspects, ça se passe très bien.


lire aussi

Charles Ollivon, le troisième-ligne qui veut retrouver une place de titulaire indiscutable

Comment appréhendez-vous aussi l'engouement médiatique que cette charge suscite ?
Mon rôle sur le terrain m'amenait déjà à être un leader de jeu. Le rôle de capitaine n'a pas été une charge supplémentaire. C'est un rôle important, évidemment, mais même si c'est moi qui ai ce statut, je redis que je ne suis pas le seul leader de ce groupe. On est beaucoup à échanger, à parler. Ce n'est pas moi qui parle toute la semaine dans le groupe, et heureusement. Je suis bien épaulé.

Avez-vous spécialement travaillé sur les fins de match pour justement contrecarrer les sursauts des Wallabies dans le money-time ?
C'est ce qui se fait souvent dans les matches internationaux. Ce sont des matches toujours très serrés qui se jouent dans les détails et souvent dans les dernières minutes. On a connu ça plusieurs fois à nos dépens, c'est donc quelque chose qu'on travaille déjà depuis quelques temps. On essaie de mettre en place différents scénarios, on doit se préparer à toutes les options sur ces fins de matches.

Quel regard portez-vous sur Nic White, votre vis-à-vis australien ?
C'est un joueur très expérimenté qui a plus de 50 sélections, qui a connu beaucoup de choses avec l'Australie, c'est un élément très important de cette équipe. On l'a côtoyé aussi quand il était venu jouer à Montpellier, c'est un joueur qui prend beaucoup de responsabilités sur le terrain, qui est très à l'aise techniquement, qui peut être un danger pour nous. Il sera à surveiller.


lire aussi

Les hommes d'Antoine Dupont, capitaine plébiscité du quinze de France

Sept Toulousains seront présents sur la pelouse du Stade de France au coup d'envoi. Une aubaine pour vous ?
C'est toujours un plus de bien connaître les joueurs qu'on a à côté sur le terrain. Il y a les Toulousains, mais même avec les autres on se connait depuis plusieurs saisons, on travaille ensemble, on connait parfaitement le projet. Bien sûr que ça aide ensuite sur le terrain pour trouver des automatismes.

Le compte à rebours, à moins d'un an de la Coupe du monde, a-t-il déjà commencé ?
Il faut qu'on continue ce qu'on fait maintenant depuis le début de l'ère de Fabien (Galthié) et de son staff. Jusqu'à présent, ça a bien fonctionné. Aujourd'hui, je ne pense pas qu'il faille révolutionner notre jeu. C'est sûr qu'on sent arriver l'événement à grands pas. Il y a énormément d'attentes, mais il faut qu'on soit patient et qu'on continue de grandir ensemble.

Comment se prépare-t-on à affronter le deuxième-ligne australien Will Skelton, même s'il sera sur le banc au coup d'envoi ?
On commence à le connaitre, parce qu'on l'a déjà affronté plusieurs fois avec La Rochelle. J'espère que ce sera plus les avants que moi qui l'affronteront demain (samedi). Il aime en plus attraper les demis de mêlée autour des rucks... On sait la puissance physique qu'il peut avoir sur le terrain, il rentrera en cours de match et on sait pour quelles raisons ils l'ont mis sur le banc.

Malgré dix victoires de rang, vous ne semblez toujours pas rassasiés...
Oui. Avoir tant gagné nous a juste donné confiance et envie de continuer à faire ce qu'on fait. On sait que quand on commence à arriver au plus haut niveau, le plus dur est d'y rester. On sera plus attendus, mais l'envie et la ''gnaque'' du groupe a peut-être même augmenté par rapport au Tournoi. Après, il faut que ça se retranscrive sur le terrain. »