Apnée/Danse - Bastien Soleil : « Avec Tang'O, je voulais faire quelque chose de beau, qui fasse du bien »

L'Equipe.fr
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L'apnéiste et réalisateur Bastien Soleil revient sur le tournage et le succès de son premier film « Tang'O ». Les images fascinantes de la danse subaquatique d'Ariadna Hafez ont été visionnées plusieurs millions de fois.

Le succès est à la hauteur de la performance. « Tang'O », la danse subaquatique d'Ariadna Hafez mise en images par l'apnéiste auvergnat Bastien Soleil est devenue virale. D'abord postée en février dernier, l'envoûtante séquence nocturne a été vue plus d'un million de fois en une semaine sur différents réseaux sociaux. Aujourd'hui, elle s'est exportée aux quatre coins du monde et le réalisateur se dit bien incapable de savoir combien de personnes ont profité de cet instant hors du temps.

L'histoire est encore plus belle quand on sait que ce film n'était pas le projet initial de Bastien Soleil : « Je suis surtout photographe, détaille-t-il. L'idée première était donc de faire une photo avec cette lumière douce qui est celle de Tang'O. C'est en voyant les capacités physiques exceptionnelles d'Ariadna qu'on s'est dit qu'on pourrait faire une vidéo. »

Prouesse artistique, exploit physique
La danseuse espagnole met au point et répète alors sa chorégraphie sur terre avant d'entrer dans le bassin de la célèbre piscine Y-40 de Padoue (Italie). Après cinq jours de préparation à cinq mètres de profondeur, Ariadna Hafez descend à dix mètres pour commencer le tournage. « On devait tourner de nuit pour avoir uniquement la lumière du spot, raconte Bastien Soleil. Les deux nuits, on a commencé à 22h30 pour finir à près de 4 heures du matin ».

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Au total, la danseuse et l'équipe de production auront plongé 120 fois pour capturer ces images. « Il y a le côté artistique, mais la performance physique est dingue, poursuit le réalisateur. C'est une énorme difficulté d'être sans masque avec, parfois, la tête en bas pour certains mouvements. J'étais scotché par la capacité (d'Ariadna Hafez) à rester comme si de rien n'était dans une piscine chlorée. »

Un bol d'air pour la culture
Pour Bastien Soleil, la réussite de ce projet résulte à la fois de cette performance et de la période morose que vit le monde de la culture : « La scène artistique mondiale s'est arrêtée, regrette-t-il. En temps de crise, on a besoin d'art, de créer mais à la place, on a des artistes en léthargie. Et donc on a un truc original au milieu de pas grand-chose. Je suis arrivé sans grande prétention, je voulais faire quelque chose de beau qui fasse du bien dans cette période compliquée. »

La visibilité que lui confère cette vidéo devrait être un tremplin pour l'apnéiste installé à Villefranche-sur-Mer. Cela devrait mettre un coup de projecteur sur la marque Bluenery, cofondée avec Guillaume Nery, et sur l'école d'apnée que le Clermontois souhaite monter. Surtout, cela lui donne des idées pour un deuxième film avec une danseuse « qui n'a jamais mis les pieds sous l'eau ». Le tournage est prévu en octobre.