Apnée - Mondiaux - « L'histoire est folle » s'enthousiasme Arnaud Jerald, sacré champion du monde d'apnée

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Sacré champion du monde samedi en poids constant bi-palmes lors des Mondiaux CMAS à Kas, en Turquie, Arnaud Jerald a vécu une drôle d'aventure. « Comment s'est passée votre plongée de samedi, qui vous a permis d'être sacré champion du monde ex aequo avec un autre Français, Abdelatif Alouach ?
L'histoire est folle jusqu'à une heure avant la plongée. Charlotte (sa compagne) devait m'accompagner pour le décompte et la partie coaching et puis il y a eu un souci d'ordre administratif. On nous a fait comprendre que ce n'était pas possible. J'étais à deux doigts de ne pas pouvoir participer. Finalement, on m'a donné le feu vert. Mais, à ce moment-là, c'est horrible, j'ai le coeur qui bat très vite. Il y avait beaucoup d'énervement, d'émotion, d'injustice, de choses qui se mélangeaient. Mais je me suis calmé et donné une chance de participer. J'ai réussi à me remobiliser et à faire ma plongée dans un temps record. Mais sans plaisir. C'est la première plongée de ma carrière où je fais juste le job. Je fais exactement ce qu'il faut faire, mais sans plus. Je sors de l'eau, je n'ai pas le sourire, il n'y a pas de plaisir. lire aussi Arnaud Jerald, plonger pour respirer Comment avez-vous réussi à vous remobiliser en si peu de temps ?
J'ai essayé de prendre du recul, je me suis dit que malgré tout ça, j'avais l'opportunité de participer à ces Championnats du monde. À l'entraînement, j'ai réussi plus que le record du monde mais là, j'ai voulu assurer le coup en annonçant -116 car je savais qu'il y avait du courant. Descendre à 116, j'avais fait ça plusieurs fois dans l'année, j'étais prêt pour ça. Et effectivement, cela s'est très bien passé.

Ces Mondiaux, vous n'étiez pourtant pas parti pour y participer. Pourquoi ?
Tout l'hiver, je me suis entraîné pour le Vertical Blue. Et j'ai eu deux pics avec les deux records du monde (-116 m et -117 m). Quand je suis arrivé en Turquie, à -60 mètres, je n'avais pas envie d'aller profond, je n'arrivais pas à passer ce palier. Ça a duré quelques jours. Et ici, la mentalité est très fermée, très dure. Donc cela ne m'a pas aidé non plus. Mais petit à petit, j'ai commencé à réécrire mes plongées, relire ce que je faisais, à prendre du recul. Au final, je suis allé plus profond que le record du monde, avec une lucidité qui a choqué tous les gens sur mon bateau. « L'année prochaine, on va basculer dans autre chose, je sens que ça va être grand » Vous êtes-vous surpris vous-même ?
Oui totalement. J'ai encore gagné au moins dix secondes sur mes temps des Bahamas (Vertical Blue). L'an passé, record du monde -112 m en 3'24. Cette année, j'ai fait -116 m en 3'18. Et puis je palme tout le long de la descente, j'ai les cannes. Je le fais avec la manière. C'est du coup très rassurant pour votre avenir, non ?
Ah oui, du coup j'ai hâte d'être à l'année prochaine. On va basculer dans autre chose, je sens que ça va être grand, si on respecte le plan. C'est aussi pour ça que je n'ai pas dévoilé mon jeu pour l'année prochaine, je veux me préserver pour la suite. Quelques minutes après avoir remporté ce titre vous avez dit : "Ce titre compte beaucoup pour moi". En quoi est-il si spécial ?
Champion du monde, je ne l'avais pas encore été. On confond souvent un record du monde avec champion du monde, alors que cela n'a rien à voir. En 2017, pour mes premiers mondiaux, j'ai décroché une médaille de bronze. L'année suivante (en 2018), j'ai eu l'argent. On a construit des bases pour arriver sur la première marche. Et écouter la Marseillaise. »

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